Influence des appâts sur les distances de lancer

Publié le vendredi 23 février 2024 par Stéphane Charles
  • Technique de pêche

 

Marc Puig en plein lancer longues distances avec du Ver de Sable Normandie Appâts

 

Le champion Mathieu Courtin s’entraînant au lancer sud africain sur une plage déserte

 

L’hiver est une excellente période pour s’entraîner au lancer. Les adeptes du surfcasting peuvent ainsi s’entraîner sur des plages désertes et peuvent même lancer directement sur la plage pour effectuer des mesures précises sans risquer de blesser un passant. Cette pratique est même une discipline reconnue et il existe des concours de lancer de poids. S’entraîner à lancer peut vous permettre de vous améliorer et ainsi gagner en distances. Mais cet entraînement ne correspond toutefois pas du tout à la réalité sur le terrain car il est généralement réalisé uniquement avec un plomb. Or le type même de votre montage et les appâts choisis pour l’escher ont une énorme influence sur vos distances de lancer !

 

 

L’influence des montages et du nombre d’empiles eschées sur les distances de lancers !

 

Ces montages sont conçus pour atteindre de grandes distances de lancer !

 

Ainsi, lorsque vous êtes en action de pêche, l’utilisation d’un montage vous fait ainsi perdre de nombreux mètres. En effet, le nombre d’empiles ou leur longueur, la taille des éléments le constituant (rolling, perles, etc.) et même la forme du plomb influent directement sur vos distances de lancer. En effet, ceux-ci entraînent un frottement dans l’air qui les freine durant le vol. À force égale lors du lancer, plus ce phénomène de trainée est important et plus les distances atteintes sont faibles. Ainsi, plus vous avez des éléments de grosses tailles ou plus vous avez d’empiles, moins vous lancerez loin. L’aérodynamisme d’un montage par rapport à un autre peut ainsi faire varier ces distances de plusieurs dizaines de mètres. C’est considérable ! Ce sujet mérite d’ailleurs à lui seul un article tant il est important en surfcasting (ce que nous ferons prochainement dans notre blog Normandie Appâts !).

 

Un montage avec une seule empile eschée se lance beaucoup plus loin – d’autant plus avec un accroche-appâts !

 

Mais ce principe fondamental est encore accentué quand il s’agit d’appâts. Ainsi, le coefficient de trainée (ou CX) de votre montage une fois esché conditionne directement vos distances de lancer ! À taille d’appât égale, plus vous aurez d’empiles eschées et plus les distances atteintes seront réduites. C’est logique puisque ces esches multiples opposent une résistance à l’air d’autant plus importante lors du vol de votre montage. Il y a bien sûr la solution d’utiliser des accroche-appâts de type cascade comme nous avons pu vous en montrer. Mais ceux-ci sont complexes à réaliser et pour un aspect pratique, bien peu de pêcheurs les utilisent sur le terrain à part certains compétiteurs. Quel que soit l’appât utilisé, la meilleure façon de gagner en distances de lancer est donc de privilégier une empile unique. Sachant que les poissons ne sont pas toujours à grandes distances du bord, les montages à empiles multiples restent toutefois bien sûr utiles. Mais à taille d’appât égale, ceux-ci ne se lanceront jamais aussi loin que ceux qui ne sont dotés que d’une seule empile. Sachez d’ailleurs qu’un accroche-appât plaquant cette empile dotée de son esche contre le montage, son utilisation vous fait gagner encore plus en aérodynamisme – et donc en distances de lancer.

 

 

L’influence du volume et de la forme de l’appât sur vos distances de lancer

 

Ces blancs de céphalopodes ont été ligaturés par Marc afin de gagner en aérodynamisme et pour mieux résister aux poissons indésirables !

 

Puisqu’il est ici question d’aérodynamisme, chacun comprendra que le coefficient de trainée d’une seiche ou d’un calamar entier est beaucoup plus important que celui d’un ver ! Son volume très important freine considérablement votre montage dans l’air. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on n’utilise ce type de gros appâts carnés entiers que pour les pêches à courtes et moyennes distances pour cibler des poissons spécimens. Concernant les appâts blancs (seiche calamars), c’est aussi la raison pour laquelle les pêcheurs les utilisent beaucoup découpés en lanières ! Afin de réduire leur volume quand ils sont utilisés entiers ou même en languettes, il est également conseillé de les ligaturer avec du fil élastique fin. Vous pouvez ainsi gagner grandement en aérodynamisme, - et donc en distances de lancer.

 

 

Même de petite taille, la forme d’un appât peut également freiner de façon considérable le montage lors de son vol. Par exemple, un coquillage au profil ovoïde tel qu’une amande oppose une énorme résistance à l’air – surtout avec des empiles multiples. Les distances atteintes sont ainsi énormément réduites ! De la même façon, la forme large et ronde d’un crabe offre un coefficient de trainée important. Afin de pouvoir le lancer plus loin, le ligaturer avec de l’élastique fin est vivement conseillé. Prenez bien soin d’entourer les pattes sur un côté afin qu’il prenne une forme de goutte d’eau - ce qui le rend beaucoup plus aérodynamique. Marc Puig du team Normandie Appâts utilise cette astuce avec succès !

 

 

L’influence du poids de l’appât !

 

Cette sardine a été ligaturée à l’élastique pour gagner en aérodynamisme mais son poids doit être pris en considération lors du lancer !

 

Le poids moyen d’une sardine est de 30 à 60 g. Le poids minimal de commercialisation d’une seiche est de 100 g. Et ce céphalopode atteint facilement 200 à 400 g par individu. En moyenne, un calamar blanc pèse lui entre 300 et 700 g – les plus gros atteignant jusqu’à 3 kg étant inutilisables entiers en pêches du bord. De tels poids sont bien sûr à prendre en compte pour vos lancers !

 

À cause de son poids et de son volume, un calamar entier tel que celui-ci ne pourra être lancé qu’à quelques dizaines de mètres maximum !

 

Bien souvent, les pêcheurs sous-estiment le poids de ces appâts carnés et ne prennent en compte que le seul poids du plomb. Or, à part quelques modèles spécifiquement conçus pour les pêches les plus fortes (ex : exotique), rares sont les cannes dépassant une puissance de lancer de 250 g – la moyenne étant 100 / 200 g. En associant un classique plomb de 150 g à une seiche pourtant petite (150 / 200 g), le pêcheur est donc bien au-dessus du poids optimal que la canne peut lancer. Le blank saturant, les distances de lancer sont ainsi automatiquement réduites. Cela peut même provoquer la casse de la canne ! C’est d’ailleurs bien plus fréquent qu’on ne le pense (nous en reparlerons dans un futur article sur notre blog).

 

 

Appâts : tous les critères pour optimiser vos distances de lancer

 

Walter lance un montage à 3 empiles pour le mulet. La distance atteinte sera donc inférieure à celle d’un montage avec une seule empile.

 

Concernant vos appâts, les différents facteurs jouant sur l’aérodynamisme de votre montage une fois qu’il est esché sont donc :

  • Leur volume
  • Leur forme
  • Leur poids
  • Le nombre d’empile

En cumulant, on pourrait classer de façon arbitraire l’aérodynamisme de chaque appât entier dans cet ordre croissant du moins aérodynamique au plus aérodynamique :
Calamars > seiches > poissons (sardine, maquereau, etc.) > crabes > coquillages > vers.

 

Même ligaturé, la mye est un coquillage volumineux qui est peu aérodynamique !

 

Ce n’est bien sûr qu’indicatif. Par exemple un casseron (petite seiche) peut avoir un volume moins important qu’un coquillage (ex : mye). En fait, le plus important est bien ici de comprendre l’importance du volume, de la forme et du poids de l’appât sur vos lancers. Il est évident que plus l’esche est petite et compacte, plus son aérodynamisme vous permettra de la lancer loin. Ainsi, un ver se propulsera toujours plus loin qu’un gros appât carné tel qu’une sardine ou une seiche entière. La différence peut se mesurer en plusieurs dizaines de mètres !

 

Languette de seiche ligaturée en s’aidant d’une aiguille

 

Vous pouvez néanmoins diminuer le coefficient de trainée (CX) d’une grosse esche en la ligaturant comme nous l’avons expliqué. Vous pouvez également la découper en morceaux et la ligaturer en forme de tube très compact (gueulin de sardine, languette de céphalopodes). Vous gagnerez ainsi en aérodynamisme. Vous devez aussi prendre en compte le nombre d’empiles qui multiplie d’autant la quantité d’appâts freinant votre montage dans son vol. Ainsi, 3 gueulins opposeront la même résistance qu’une sardine entière.

 

 

L’aérodynamisme des vers !

 

Les vers sont assurément les appâts les plus aérodynamiques. Ils permettent donc d’atteindre de très grandes distances de lancer.

 

En considérant tous ces facteurs, il faut bien reconnaître que la légèreté ainsi que la forme allongée d’un ver le rendront toujours plus aérodynamique qu’un appât carné de type céphalopode, sardine, coquillage, etc. Son profil filiforme, cylindrique et de faible section fait qu’il se lancera donc bien plus facilement et à de plus grandes distances – y compris si vous eschez plusieurs empiles. C’est logique ! Même si les vers sont certainement parmi les appâts qui se lancent le mieux, on peut toutefois les classer des plus fins aux plus charnus afin de définir leur aérodynamisme.

 

Gros Bibi, morceau de Ver de Chalut, Ver de sable : ces vers n’ont pas le même aérodynamisme !

 

appat-ver-de-sable
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Vers de sable Normandie Appâts

 

Ainsi le ver qui est champion toute catégorie pour atteindre les plus grandes distances de lancer possibles est assurément le Ver de Sable esché à l’aiguille. Avec la finesse de son corps, il n’oppose en effet qu’un minimum de résistance dans l’air. S’il est un aimant à marbré, sachez qu’il offre également l’avantage d’attirer également des poissons beaucoup plus gros tels que les belles daurades royales.

 

Hyper fin, le Ver de Sable est le champion toute catégorie de l’aérodynamisme – et donc des distances de lancer !

 

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Ver de chalut Normandie Appâts

 

Dans la même catégorie, un petit tronçon de quelques centimètres de Ver de Chalut permettra également de très bons lancers. Il offre un avantage considérable pour la recherche de distances : la force de ses effluves ! Ses sucs très iodés sont si puissants qu’ils attirent les poissons de très loin et même avec un petit morceau, il est capable de séduire un poisson de plusieurs kilos ! On peut donc placer un morceau de taille très réduite ayant un faible coefficient de trainée et ainsi optimiser ses distances de lancer.

 

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Dures rouges Normandie Appâts
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Une Dure (verte ou rouge) d’une dizaine de centimètre offre également un diamètre assez réduit opposant peu de résistance à l’air une fois eschée à l’aiguille sur l’empile. Elle est aussi assez robuste pour supporter des lancers puissants. Très polyvalent, ce ver permet de toucher un maximum d’espèces.

 

appat-ver-moyen-bibi
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Bibis Normandie Appâts
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Mourons Normandie Appâts

 

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Vers Américains Normandie Appâts
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Rags Normandie Appâts
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Possédant une plus forte section, des vers plus charnus et épais tels que le Rag, l’Américain, le Mouron, le Bibi Moyen, etc. se lanceront un peu moins loin mais toujours plus que des appâts tels que des languettes de céphalopode ou des gueulins de sardine. Ils constituent ainsi un excellent compromis entre aérodynamisme pour des lancers lointains et de belles bouchées pour sélectionner de gros poissons.

 

Toutes ces dorades ont été prises par Walter avec du Bibi Normandie Appâts ligaturé (plus aérodynamique)

 

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Bibis Normandie Appâts
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Jumbo Normandie Appâts
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Vers Américains XL Normandie Appâts

 

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Super Cordelle Normandie Appâts

 

Les plus gros vers tels que les Gros Bibis, les Jumbos, les Américains XL ou encore la Super Cordelle (en gros tronçons), etc. sont plus massifs et de plus forte section. Mais leur profil longiligne allongé leur donne une très bonne pénétration dans l’air – d’autant plus si vous utilisez un accroche–appâts. Cet excellent aérodynamisme une fois bien esché à l’aiguille reste en fait bien supérieur à la plupart des appâts carnés entiers (sardine, seiche, etc.). Ils permettent donc de proposer une belle bouchée à grandes distances pour cibler de beaux spécimens.

 

Une lamelle de Gros Bibi ligaturé à l’espagnole est hyper aérodynamique !

 

Dans le cas d’un gros Bibis, il est même possible de l’utiliser en le « ligaturant à l’espagnole ». Cela permet d’avoir un appât ultra fin qui est aussi aérodynamique qu’un Ver de Sable. Cet eschage particulier est très utilisé par Marc Puig du team Normandie Appâts – et avec le succès qu’on lui connaît !

Tous ces exemples devraient vous permettre d’optimiser et donc d’améliorer vos lancers. Et même si nous devons convenir que le poisson ne se trouve pas toujours loin du bord (il peut même être très près de vous !), pouvoir atteindre de plus grandes distances de lancer est toujours un avantage pour le pêcheur en surfcasting. Comme le dit l’adage : « Qui peut le plus peut le moins ! ».