Gros poissons au montage octopus

Publié le vendredi 18 octobre 2019 par Stéphane Charles
  • Technique de pêche

Appâts associés à cet article:

 

Magnifique Saint-Pierre pour Robert !

 

 

Montage Octopus spécial gros poissons en pêche profonde

 

Montage Octopus spécial gros poissons en pêche profonde

 

Ce montage vous permettra de pêcher dans des profondeurs pouvant atteindre plus de 150 m de beaux poissons tels que des pagres, de grosses dorades roses, des merlus, de beaux chapons, etc. Le corps du montage est en fluorocarbone 65 à 60/100 et les empiles en 55 à 60/100. L’utilisation de diamètres aussi importants avec ce matériau apporte une rigidité structurelle au montage – évitant ainsi les problèmes de vrillages causés par les puissants courants présents dans ces profondeurs. Ces forts diamètres permettront également de combattre des spécimens très puissants tels que de gros pagres.

Ce montage est constitué d’une empile haute assez courte (40 cm) et d’un traînard bas plus long (60 à 80 cm) pour une efficacité maximale. L’empile cible les poissons évoluant en pleine eau. De son côté, le traînard repose directement sur le substrat et intéressera toutes les espèces s’alimentant directement sur le fond.

 

Caractéristiques de l’hameçon octopus

 

Les hameçons utilisés sont des octopus forts de fer 2/0 à 4/0, - de telles tailles correspondant parfaitement aux beaux poissons ciblés car ces derniers possèdent de grandes gueules. Ce type d’hameçon possède une large ouverture permettant l’utilisation d’appâts volumineux tout en vous assurant d’avoir la pointe bien dégagée pour un meilleur ferrage. La large attache à œillet permet également d’attacher l’hameçon avec du fluorocarbone de fort diamètre.

 

 

Astuce : faire des perles clipots pour de gros diamètres de fil

 

Pour les nylons de forts diamètres, une grosse perle trouée transversalement fera une excellente perle clipot

 

Lorsqu’on utilise du nylon ou du fluorocarbone de forts diamètres comme avec ce montage (ex : 65/100 !), il peut être difficile de trouver des perles clipots dont les trous sont suffisamment larges. Une bonne solution est alors de se doter de grosses perles ovales qui possèdent déjà un perçage longitudinal suffisemment gros. Il suffit alors de coincer la perle dans un étau et, avec une perceuse dotée d’une mèche d’un diamètre suffisant de percer un trou transversal. Ce dernier pourra alors accueillir les empiles de très forts diamètres. Une astuce qui s’avère très pratique et…économique ! Vous noterez que les perles choisies ici sont phosphorescentes – un avantage dans ces pêches profondes les sources lumineuses attirent naturellement les poissons dans l’obscurité de ces abysses. Ces perles clipots seront encadrées de micro-perles qui leur assureront une bien meilleure fluidité de rotation dans toutes les directions.

 

 

L’octopus : un teaser très efficace pour cibler les beaux poissons !

 

Un octopus en teaser crée des vibrations et des effets de volumes

 

Un leurre souple de type octopus placé devant l’appât est idéal pour sélectionner les beaux poissons. Il augmente la taille de la bouchée et intéresse donc de plus gros spécimens. De même, cette imitation d’un céphalopode attire particulièrement les gros prédateurs tels que les pagres car c’est une de leur proie de prédilection. Un octopus est également un excellent teaser car ses fins tentacules sont ultra souples. Ceux-ci ondulent dans les puissants courants et émettent des vibrations attractives sur de grandes distances. Cette jupe de tentacules offre aussi la particularité de donner des effets de volume en se gonflant et en se rétractant successivement. L’imitation parfaite d’un petit céphalopode en train de se déplacer ! Un octopus de 8 à 12 cm placé devant l’appât augmente ainsi considérablement l’attractivité du montage sur les beaux prédateurs.

 

 

Astuce : bloquer l’octopus avant l’appât !

 

Astuce pour bloquer l’octopus avant l’appât

 

Il est conseillé de bloquer votre octopus au-dessus de l’hameçon. Avec la pression du courant, la tête de ce leurre souple pourrait en effet complètement recouvrir l’appât et le dissimuler. L’octopus peut également se placer dans la courbure de l’hameçon et limiter considérablement l’efficacité de votre ferrage. Coincé dans la hampe, il se bloquerait de même en position courbée et ferait alors fortement vriller votre empile dans les courants. Pour toutes ces raisons, bloquer l’octopus est vivement recommandé.

 

Nœud de blocage double

 

Lors de la réalisation de votre montage, il suffit d’effectuer un nœud de blocage double ou dit « en 8 » réalisé 3 à 6 cm au-dessus de l’hameçon en fonction de la taille de votre octopus (taille de 8 à 12 cm). Seuls quelques cm de tentacules doivent dépasser de l’appât. Ce nœud seul ne suffirait pas à bloquer l’octopus dont la tête se déchirerait sous la pression des courants. Une simple perle de fort diamètre intercalée avant le nœud servira de butée qui retiendra très efficacement ce leurre souple. C’est aussi simple qu’efficace !

 

 

Appâts : de belles bouchées !

 

Bibis Normandie Appâts

 

Il sera vivement recommandé d’utiliser des appâts conséquents et robustes qui résisteront aux nombreux petits poissons parasites très présents en grande profondeur. Ils devront en effet être suffisamment conséquents pour attendre assez longtemps le passage d’un beau spécimen. Un des meilleurs vers pour ces pêches profondes reste l’incontournable Bibi. Avec sa forte section, les plus gros modèles (G comme Gros) représentent de belles bouchées qui permettent de sélectionner les gros poissons. De plus, sa peau épaisse résiste bien aux assauts des petits indésirables. Il sera possible de le placer sur l’hameçon tel quel en l’enfilant à l’aiguille mais il sera également possible de l’utiliser avec la technique de « l’eschage à l’espagnol ». Cette méthode vous permettra d’avoir une esche robuste et très attractive. Retrouvez cette technique très astucieuse dans cet article paru il y a quelques semaines : http://www.normandie-appats.com/news/escher-un-bibi-a-l-espagnole

 

Rags Normandie Appâts

 

Si votre zone de pêche n’est pas trop envahie par des petits poissons indésirables, il sera également possible d’utiliser un gros ver tel que le Rag. Très charnu, ce ver épais peut atteindre la taille respectable de 20 cm – ce qui est considérable ! Ce ver possède des sucs très attractifs et s’avère un véritable aimant à beaux sparidés (pagres, gros pageots, dorades roses, etc.) Il possède même une légère phosphorescence visible par les poissons, - ce qui est un avantage pour ces profondeurs où l’obscurité règne.

 

Le Bibi et la lanière de calamar sont des valeurs sûres pour les pêches profondes de beaux poissons !

Vous pourrez également utiliser des tentacules ou des languettes de blanc de céphalopodes (calamars, seiches, etc.) qui offrent la caractéristique de bien tenir à l’hameçon. Les languettes gagneront à être coupées en forme de feuille et piquées à deux reprises sur l’hameçon afin qu’elles ondulent et vibrent sous l’action des courants. Vous pourrez également utiliser de la sardine ou de la gambas mais nous vous recommandons de bien consolider ces appâts assez fragiles avec de l’élastique à ligaturer fin. En effet, sans cette protection, les petits poissons indésirables les arracheraient très rapidement de l’hameçon et vous « pêcheriez à blanc ».

 

 

En action de pêche

 

Lors de sa dernière sortie la semaine dernière, des membres du team Normandie Appâts ont eu l’occasion de constater combien ce nouveau montage qu’ils ont conçu était efficace. Ils l’ont en fait créé par nécessité. En effet, avec la découverte d’une nouvelle zone riche en très gros poissons, les montages avec empiles en fluorocarbone 40 à 45/100 qu’ils utilisaient précédemment se sont rapidement révélés insuffisants et les casses se sont multipliées. Ce secteur dispose en effet de très beaux pagres, de chapons records, de congres de grands fonds énormes, de grandes raies, etc. L’avantage d’utiliser des empiles de 60/100 est également d’éviter les problèmes récurrents de vrillage dans des fonds aussi importants et de pouvoir bien mieux résister à l’abrasion du fil sur les roches lors de gros combats. Après de nombreux essais, les membres du team ont ainsi constaté que des diamètres aussi importants n’effrayaient aucunement les poissons dans ces profondeurs importantes où règne l’obscurité. Et dans de telles circonstances, « qui peut le plus peut le moins ! »

 

Maurice avec un beau pagre ayant mordu sur le montage octopus esché avec de la lanière de calamar

 

Contrairement au début de saison, les poissons sont bien présents et actifs. Les membres du team connaissent désormais parfaitement cette zone et ils ont l’habitude d’y connaître des pics d’activité où, pendant une à deux heures les poissons rentrent dans une sorte de frénésie alimentaire et où les prises s’enchaînent très rapidement avec des doublés fréquents – voire même des triplés ! Ce jour là sera différent puisque les touches s’étaleront sur toute la journée avec une certaine régularité.

 

Ce pagre a mordu sur le traînard bas du montage octopus

 

Après plusieurs beaux poissons remontés par le team, c’est au tour de Maurice de toucher un beau pagre. Ce spécimen a mordu sur le traînard de son montage octopus qui était esché avec une tête de calamar doté de ses tentacules. Rajouté au leurre souple faisant 12 cm, c’est la preuve qu’un beau pagre n’a pas peur de belles bouchées !

Robert qui de son côté utilise un montage dotés de deux empiles hautes n’a que peu de touches. La grande majorité des prises sur le bateau ayant été touchées sur un traînard indique clairement que les poissons se nourrissent directement sur le fond. Robert installe donc sur sa ligne un montage mixte empile haute et traînard bas avec octopus tel que celui qu’utilise Maurice.

 

Robert vient de ferrer un beau poisson !

 

Et il a bien fait puisque peu de temps après, c’est enfin la touche attendue ! Robert sait déjà qu’il s’agit d’un beau poisson car sent son poids dans la canne.

 

Le poisson paraît lourd mais combat peu

 

Mais cette prise combat peu et il sait déjà qu’il ne s’agit pas d’un pagre. Comme tous les sparidés, ceux-ci en effet ont l’habitude de donner de gros coups de tête. Comme d’habitude sur le bateau, chacun parie sur l’espèce en fonction du combat et la plupart des pêcheurs misent sur un chapon.

 

Surprise ! Il s’agit d’un beau Saint-Pierre

 

Arrivé au bateau, c’est la surprise : un magnifique Saint-Pierre ! Robert comprend désormais mieux la faible défense de sa prise car c’est une des caractéristiques de cette espèce étrange.

 

Saint-Pierre : le saviez-vous ?

 

Le Saint-Pierre est un poisson carnassier également nommé poule de mer ou dorée. Son nom scientifique est Zeus Faber. Il vit durant la saison froide dans des profondeurs importantes (jusqu’à 300 mètres) puis migre vers les côtes dès les beaux jours. Ce prédateur chasse en lançant sa bouche protractile surdimensionnée sur ses proies. La légende sur ce poisson est que le Christ aurait demandé à l’apôtre Pierre de pêcher ce poisson afin de lui retirer de la gueule une pièce d’or qui s’y trouvait. Pris de compassion en entendant les grognements du poisson, Pierre l’aurait remis à l’eau en le tenant entre le pouce et l’index. Il aurait alors laissé cette marque noire sur ses flancs nommé « ocelle » - d’où le nom de Saint-Pierre pour désigner ce poisson.

Le Saint-Pierre est un prédateur étonnant qui est prisé par les gourmets pour sa chair très fine

 

Nouvelle touche pour Robert !

 

Alors que l’heure du départ approche, Robert enregistre une touche particulièrement violente. Dès le ferrage, tout le monde à bord est impressionné par la puissance du poisson qui bande la canne jusqu’au talon. C’est lourd - très lourd ! Le blank se courbe si violemment sous les coups de tête que Robert est obligé de libérer un peu de frein pour éviter la casse.

 

Le combat est cette fois-ci très impressionnant !

 

Le pêcheur luttera de longues minutes avant de pouvoir ne reprendre que quelques mètres. Bien que la tension dans la canne soit à sa limite, il réussit enfin à décoller le poisson du fond. À chaque coup de tête, la canne se courbe exagérément sur toute sa longueur et Robert doit lutter âprement pour ne pas concéder trop de fil. Mais alors qu’il a péniblement gagné une cinquantaine de mètres, la tension disparaît d’un coup. Cassé ? Décroché ? Robert sent néanmoins un poids alors qu’il remonte entièrement sa ligne pour la vérifier. Lorsqu’il sort son montage de l’eau, tous les membres du team qui ont assisté à ce combat épique sont impressionnés : Robert vient de remonter un sébaste dévoré à 80 % !

 

Robert finira par remonter ce sébaste presque entièrement dévoré !

 

- « Celui-là, on n’aura pas besoin de lui couper la queue pour être en règle avec la loi » lance-t’il amusé.

Une autre personne à bord lance ironiquement :

- « Le percepteur des impôts est passé par là ! »

L’allusion à ce que les pêcheurs américains nomment « le taxman » pour décrire une prise mangée par morceaux par un plus gros carnassier est connue de tous. Mais après l’hilarité générale, tous les participants s’interrogent : quel est le gros prédateur qui a pu mettre ce gros sébaste dans un tel état ? Tout le monde comprend déjà que ce carnassier énorme n’était pas piqué à l’hameçon mais qu’il ne voulait tout simplement pas lâcher sa prise. Il était énorme mais surtout…très obstiné ! Durant tout le long chemin du retour en bateau, tous les membres du team échangent leurs idées pour essayer de comprendre quel est le responsable. On examine les morsures et l’empreinte des mâchoires sur le poisson. Un requin ? Avec sa dentition acérée, il aurait tranché plus net. Un gros sparidé carnassier comme un pagre ou un denti ? Ce type de carnassier aurait laissé des marques de crocs ! Un thon aurait également fait des rushs caractéristiques. Ce n’est pas non plus un mérou car avec sa grande gueule, il aurait avalé d’un coup le sébaste. Par élimination, la plupart des pêcheurs à bord opte pour la possibilité d’un congre de grand fonds. Les chairs déchirées correspondent bien à la puissante mâchoire de ce poisson et l’obstination à ne pas vouloir lâcher sa proie est caractéristique de cette espèce. Mais il ne s’agit que de suppositions ! Et Robert ainsi que tous les participants s’accordent au moins sur un point : le plus grand regret est de n’avoir pu voir ce puissant carnassier ! Comme souvent en pêche, on regrette toujours le poisson qu’on n'a pu prendre – mais encore plus celui qu’on n’a pu voir ! Il exacerbe en effet l’imagination propre à tous pêcheurs et peut vous laisser penser à une prise record. Mais on doit néanmoins reconnaître une vérité : les poissons perdus sont effectivement bien souvent…les plus gros !