Automne / hiver : pêche de la daurade royale du bord

Publié le mardi 16 janvier 2018 par Emmanuel Laubu
  • Technique de pêche

 

« Belle aux sourcils d’or » d’hiver

 

Contrairement à ce que pensent de nombreux pêcheurs, la pêche de la daurade royale du bord peut se pratiquer en toutes saisons. Ainsi, dans certaines régions comme le sud-est, il est tout à fait possible de traquer ce magnifique sparidé en automne et même en hiver. Il est d’ailleurs incompréhensible qu’autant de pêcheurs cessent de pratiquer leur passion durant cette période ! Ainsi, je pêche en surfcasting la belle aux sourcils d’or en toutes saisons. Et c’est même durant les mois les plus froids qu’il est fréquent de faire de vrais poissons trophées pouvant dépasser les deux kilos. Ainsi, mon ami Frank ne jure que par les mois d’hiver pour traquer les daurades records.

 

Stratégies de pêche

 

Durant la belle saison située de mai à octobre, les poissons sont certes présents en plus grand nombre le long de nos côtes et les températures favorables les rendent plus actifs. Néanmoins, en sachant où les rechercher et en adaptant nos appâts à la saison, il est tout à fait possible de pêcher de belles daurades en automne et en hiver.

 

Les belles journées de fin d’automne sont très propices à la pêche de belles daurades royales !

 

Les zones de pêche

 

Ainsi, votre première stratégie de pêche sera de rechercher des zones profondes à proximité du bord. En effet, lors des premiers grands froids, la daurade se réfugie dans des profondeurs où les températures restent plus stables. Il est ainsi possible de trouver ce type de secteurs à proximité d’ouvrages portuaires, au bas de falaises se prolongeant loin dans l’eau ou encore dans des criques très découpées. Dans certains départements méditerranéens, il est même possible de trouver des plages à très forte déclivité qui permettent avec une bonne technique de lancer d’atteindre des fonds importants du bord. Le choix de cette zone de pêche sera essentiel pour espérer toucher une daurade durant ces périodes froides.

 

Belle daurade de fin d’automne

 

Les appâts

 

Cette espèce n’appréciant pas les fortes variations de températures, elle reste ainsi dans des fonds importants l’hiver et elle s’avère moins active que durant les beaux jours. Elle continue néanmoins à s’alimenter mais, ne se déplaçant pas pour rien, il faudra lui présenter de belles bouchées. Bien qu’elle ait quelques réserves gagnées durant la belle saison, le froid contribue à la pousser à s’intéresser à de belles portions afin de pouvoir passer l’hiver. Elle a en effet besoin de beaucoup de protéines pour résister à la baisse des températures.

 

Bibis NORMANDIE APPATS

Vers de Chalut NORMANDIE APPATS

Mourons NORMANDIE APPATS

Rags NORMANDIE APPATS

 

En automne et en hiver, j’ai donc l’habitude de panacher mes appâts afin de proposer de grosses portions bien sapides. L’avantage est également de viser large en se donnant un maximum de chances. La daurade royale étant un poisson exigeant qui peut se focaliser sur un seul appât en particulier, la « variété du menu » aura ainsi plus de chances de correspondre à son humeur changeante. J’apprécie ainsi l’association de coquillages et de vers marins comme un couteau avec un ver de chalut ou un ver américain.

Il est également possible d’utiliser ensemble deux types de vers. Un gros bibi avec un bout de ver de chalut est par exemple un mariage qui s’avère excellent sur ce sparidé. Bibis, chaluts, mourons, américains, rags, etc. En fait, les combinaisons s’avèrent illimitées et n’ont de limites que votre imagination !

 

Exemple de panachage d’appâts : couteau et chalut

 

Astuce

Pour réaliser facilement ce panachage, je vous recommande vivement d’utiliser une aiguille à vers de forte section. Sa rigidité permet en effet de maintenir l’ensemble bien droit pendant l’opération consistant à ligaturer ces fragiles appâts. Veillez néanmoins à ne pas utiliser trop d’élastique pour que la présentation soit parfaite. Une fois que cette belle bouchée est prête, il suffit de retirer l’aiguille. Une astuce vraiment pratique que je vous recommande !

 

Elastique à ligaturer Flashmer

 

Il faut néanmoins que ce panachage soit appétissant et il est donc nécessaire que la présentation soit parfaite pour séduire ce farouche sparidé ! Avec la puissance du lancer, le trajet en vol et l’impact sur la surface, vos appâts subissent de violentes contraintes et peuvent se tasser ou éclater. Il sera donc recommandé de les ligaturer avec un fil élastique très fin sur votre traînard. Attention néanmoins de ne pas trop en utiliser car la daurade royale est particulièrement méfiante et peut ignorer un appât si elle le trouve mal présenté ou suspect.

 

Le montage

 

Durant ces périodes froides où les daurades restent dans des fonds importants, il sera nécessaire d’effectuer des lancers à très longues distances afin d’atteindre les plus grandes profondeurs possibles. Je réalise donc mon montage directement sur mon arraché avec un très long traînard. Sa longueur permettra une meilleure présentation de l’appât ainsi qu’un comportement bien plus naturel dans l’eau.

 

Montage daurades royales en surfcasting 2 d’Emmanuel Laubu

 

Ce traînard réalisé en fluorocarbone 22 à 26 / 100 fait ainsi entre 1,5 et 2,5 m. Je préfère jouer sur le diamètre pour m’adapter aux conditions et à l’environnement que de jouer sur la longueur. Ainsi, en présence de fonds propres dénués de roches et avec une mer calme, j’utilise un traînard assez fin. Lorsque la mer se forme, je privilégie un montage au diamètre plus important afin d’éviter d’emmêler plutôt que de le raccourcir. La daurade royale étant particulièrement méfiante, la présentation de l’appât reste ainsi optimale.

 

Des émerillons tels que ceux-ci sont très résistants, même dans les plus petites tailles

 

Le traînard est fixé sur l’arraché grâce à un mini émerillon rolling qui évite le vrillage en offrant une parfaite rotation. Ce rolling est maintenu entre deux micro perles dures qui sont bloquées entre des nœuds de ligature collés. Le traînard peut ainsi tourner librement autour de l’arraché sans emmêlement.

 

Nœuds de blocage collés (astuce d’Emmanuel Laubu)

 

Ces nœuds de blocage sont très simples à réaliser. Je vous conseille d’utiliser un fil d’assez faible diamètre (ex : 20 / 100) afin que ceux-ci restent discret. Bien serrés, ils offrent un coulissement dur qui permet de les positionner parfaitement au millimètre près. Les bouts excédentaires seront coupés au ras du nœud pour laisser une libre rotation des perles. Une colle forte spéciale pêche sera privilégiée afin de ne pas affaiblir l’arraché. Ces nœuds de blocage très solides ne coutent rien, permettent un ajustement ultra précis et sont particulièrement discrets. Je vous les conseille vivement !

 

Réserve de nœuds de blocage (astuce d’Emmanuel Laubu)

 

Vous avez la possibilité de vous faire une réserve de nœuds de blocage. Il suffit pour cela de les réaliser à l’avance et de les disposer sur un tube en plastique d’un diamètre supérieur à vos arrachés. En insérant votre arraché dans le tube, il suffit de faire coulisser votre nœud, de le serrer puis de le coller pour une installation rapide et pratique.

 

Magnifique daurade royale d’hiver prise en surfcasting par Emmanuel

 

Quelques conseils utiles

 

Savoir utiliser le bon diamètre de traînard en fonction des conditions tout en conservant une bonne longueur peut être délicat. La présence de courants peut ainsi causer des emmêlements si vous pêchez trop fin et trop long. Ce n’est qu’avec l’expérience sur le terrain et de nombreux tests en fonction de vos différents postes que vous pourrez trouver ce subtil compromis.

Il est certain que durant les périodes froides de l’automne et de l’hiver, les touches seront plus rares. Mais sachez néanmoins que si les poissons sont moins nombreux, ces derniers peuvent être beaucoup plus gros. Vous pouvez ainsi pêcher les plus beaux poissons de l’année avec des spécimens de plusieurs kilos ! Ces prises records sont après tout ce que nous recherchons tous. Voir son écureuil s’envoler, la canne se courber sous l’effet de la touche et entendre le frein du moulinet qui hurle fait partie intégrante de notre passion !

 

Avec son front doré, la daurade royale est un poisson magnifique !

 

Mais ces poissons trophées se méritent et il sera recommandé de mettre toutes les chances de votre côté. Ainsi, soignez vos montages et, au moindre doute, n’hésitez pas à les refaire. Privilégiez des appâts de qualité à la fraîcheur irréprochable tels que ceux fournis par Normandie Appâts. Tout dans votre matériel devra également être au top pour espérer sortir de tels spécimens. Ainsi, contrôlez régulièrement les anneaux de votre canne afin de voir s’ils n’ont pas de fissures. De même, votre moulinet devra posséder un frein progressif et sera parfaitement entretenu. Perdre un poisson de rêve pour de tels détails n’est pas envisageable !

Une daurade royale de bon poids pris durant ces mois froids se mérite. Il faut considérer chacun des facteurs (conditions, bonne profondeur du poste, etc.) Il est également nécessaire d’employer les bonnes stratégies. Ainsi, n’hésitez pas à proposer de grosses bouchées en panachant de beaux vers. Vous verrez que même si ces sparidés sont moins présents, la prise d’une dorade record justifiera tous vos efforts !

 

Emmanuel Laubu avec son poisson fétiche : la daurade royale

 

Présentation d’Emmanuel Laubu

 

Je suis très heureux de rejoindre le team Normandie Appâts. Cette marque leader des appâts vivants pour la pêche est bien connue de tous. Toutes les personnes qui sont allées à la pêche ont déjà ouvert une boite Normandie Appâts !

Passionné de pêche, je pratique depuis mon plus jeune âge. Pour l’anecdote, ma première photo en action de pêche me montre assis sur les genoux de mon père alors que je n’étais âgé que de quelques semaines. Et depuis, cette passion n’a cessé de croître. Je me suis rapidement spécialisé dans la pratique du surfcasting. Après de nombreuses années de pratique, j’ai pu participer à de multiples championnats – dont certains internationaux. J’ai ainsi été champion régional PACA, champion de France, champion d’Europe et vice champion du monde avec mon club de cœur de la ville de Cagnes sur Mer. Je suis d’ailleurs toujours président de la section pêche en mer de l’Union Sportive Cagnes.

Depuis longtemps, je rédige également des articles sur la pêche dans plusieurs magazines. J’ai ainsi collaboré au magazine Pescadou pendant de nombreuses années et j’écris désormais pour le magazine internet 1max2pêche que je trouve vraiment novateur. Mon amour des milieux aquatiques m’a également poussé à faire de la plongée et une autre de mes passions est de faire des photos sous-marines. Je suis très respectueux de l’environnement ainsi que de la ressource et je suis bien plus intéressé par la recherche de spécimens que par la quantité. Ainsi, je limite mes prélèvements à une consommation familiale et je relâche autant que possible les poissons qui peuvent l’être, - surtout lorsque ceux-ci sont juvéniles. L’espèce que je préfère pêcher en surfcasting est sans conteste la daurade royale.

La pêche est pour moi bien plus qu’une passion : c’est ma vie. Et je souhaite à tous ceux qui partagent également cette passion et qui me liront sur le blog Normandie Appâts de pouvoir sortir eux aussi de magnifiques trophées à immortaliser le temps d’une photo.