Pêche du merlan avec Mathieu Courtin

Publié le vendredi 12 juin 2026 par Stéphane Charles
  • Sortie Pêche
  • Technique de pêche
  • Compétition

 

Durant son séjour à Dunkerque, Mathieu a pêché de nombreux merlans !

 

 

Mieux connaître le merlan

 

Illustrations de Ichtyologie ou histoire naturelle générale et particulière des Poissons Bloch, Marcus Elieser, J. F. Hennig, Plumier, Krüger, Pater, Schmidt, Ludwig, Bodenehr, Moritz 1795-1797 (Bibliothèque nationale de France)

 

Nom scientifique : Merlangius merlangus
Famille : Gadidae
Noms communs : Merlan, merlan commun.

Le merlan est un poisson fusiforme qui mesure en moyenne 35 à 40 cm pour un poids d’un kilo mais qui peut atteindre 70 cm pour près de 3 à 4 kg. Sa livrée est changeante selon le biotope où il évolue. Ses flancs sont gris argentés mais son dos peut être brun-jaunâtre ou encore avec des teintes allant du bleu au vert. Il a la caractéristique de disposer de 3 nageoires dorsales et 2 anales qui se touchent. Il peut présenter un barbillon mentonnier de petite taille – souvent chez les plus jeunes individus mais moins chez les sujets adultes. Le museau proéminent du merlan le distingue du lieu jaune qui de son côté possède une mâchoire inférieure plus longue que la supérieure. Vous noterez que le merlan est également facilement identifiable par la tache noire à la base de sa nageoire pectorale.

 

Le merlan est facilement reconnaissable par ses 3 dorsales et ses 2 nageoires anales ainsi que par la tache noire à la base de la nageoire pectorale (Photo : Georges Jansoone / source : Wikipedia)

 

Le merlan est un poisson démersal qui vit à proximité du fond. Il apprécie les substrats sableux, vaseux ou de graviers mais il est moins présent sur des fonds rocheux. On le rencontre du bord jusqu’à des profondeurs atteignant 200 m mais il est surtout présent dans des fonds compris entre 20 à 100 m. Ce poisson est carnassier. Il se nourrit surtout de mollusques et de crustacés (crabes, crevettes, etc.) étant juvénile et il devient surtout piscivore une fois adulte. Il apprécie également les céphalopodes (poulpes, calamars, seiches, etc.) et les vers (annélides). Vous noterez qu’il peut même être cannibale. Son ère de distribution se situe en Mer du Nord, Manche et sur toute la façade Atlantique jusqu’au Portugal.

 

Le merlu est souvent nommé à tort merlan – surtout en Méditerranée où d’ailleurs ce poisson ne vit pas ! En fait ces poissons n’ont aucun rapport entre eux ! En effet, le merlan fait partie de la famille des gadidés alors que le merlu est un merlucciidé. Cette confusion proviendrait des poissonniers du sud (le merlan se vendant plus cher !). Le merlu a une couleur grise argentée alors que le merlan présente une teinte brun jaunâtre avec une tache sombre à la base de ses pectorales. De son côté, le merlu présente une gueule largement fendue avec de très longues dents pointues. Leur nom est ressemblant mais ces poissons sont en fait complétement différents !

 

Le montage cascade à 3 empiles de Mathieu Courtin

 

Durant son séjour à Dunkerque, Mathieu Courtin, a utilisé son montage cascade à 3 empiles pour pêcher le merlan – aussi bien durant les entraînements que lors du concours de présélection de l’équipe de France qui s’est déroulé du 30 mars au 3 avril 2026. Comme nous vous l’avons expliqué dans un précédent article avec Mathieu, le membre du team Normandie Appâts apprécie particulièrement les grandes distances de lancer apportées par son aérodynamisme. En effet, les appâts sont plaqués contre le corps du montage – ce qui d’ailleurs les protègent également. Ce montage a la caractéristique de libérer les empiles en cascade. Tout d’abord la première située en bas puis la seconde et enfin celle située en haut – chacune se déployant successivement.

 

Clip swivel Pro Surf

 

L’astuce de ce montage est de disposer d’un accroche-appâts en bas et de cascade swivels pour les 2 autres empiles. Ainsi, quand l’accroche-appâts touche la surface de l’eau, celui-ci libère l’hameçon du bas et le traînard se déploie. Grâce aux cascade swivels, il libère alors l’empile du milieu qui elle-même fait se déployer l’empile du haut. Comme avec un effet domino ! Vous noterez que l’utilisation de ressorts sur les empiles supérieures permet d’exercer une tension suffisante sur l’empile pour que les hameçons restent bien en place. Il aide également les empiles à bien se déployer. Un accessoire indispensable à ce type de montage cascade ! Les empiles en fluorocarbone 30 à 40/100 sont volontairement très courtes (40 cm) pour éviter les emmêlements dus aux courants ou aux vagues - La perle flottante autobloquante sert de teaser attractif et elle allège également l’appât pour une meilleure prise en gueule.

 

appat-ver-noir-arenicole
appat-ver-noir-arenicole

Vers noirs Normandie Appâts
Acheter sur appats.shop

 

Pendant l’entraînement et durant toute la compétition, Mathieu et les autres compétiteurs n’ont eu qu’un seul ver : le Ver Noir ! D’apparence boudinée et charnue, le Ver Noir est particulièrement efficace sur les merlans. Il est vivement recommandé de l’escher à l’aiguille pour une meilleure tenue sur l’hameçon. L’arénicole étant épais, nous vous conseillons d’utiliser un modèle de fort diamètre. L’utilisation d’une aiguille possédant une cavité de chaque côté est un avantage car elle permet de placer le ver sur l’hameçon à votre convenance quel que soit le sens de l’eschage (ex : tête au niveau de l’hameçon pour un meilleur maintien sur l’hameçon). Pour le raffermir, il est également conseillé de laisser reposer vos Vers Noirs une nuit entière dans du papier journal ou du papier absorbant qui, en enlevant une partie de l’humidité de la peau, le rendra plus résistant. Il est également possible de faire quelques tours d’élastique à ligaturer fin pour une meilleure tenue lors du lancer. Vous noterez que ce ver est également très efficace sur tous les poissons plats, les bars, et même les sparidés.

Nous vous invitons à lire cet article vous expliquant l’eschage d’un ver noir avec une aiguille à ver :
http://www.normandie-appats.com/news/comment-escher-un-ver-noir-a-l-aiguille

 

Mathieu a profité des jours précédents la compétition de la présélection de l’équipe de France pour s’entraîner et a pris de très nombreux merlans !

 

Mathieu avec des merlans pêchés au Ver Noir lors de son entraînement !

 

Les plages dunkerquoises étant assez plates, le montage cascade de Mathieu lui a permis de pêcher à grandes distances dans des profondeurs suffisantes. L’avantage du merlan est qu’il est bien présent près des côtes durant tout l’hiver et jusqu’au début du printemps. Une période où le bar, le maquereau ou le chinchard sont plus rares. Durant cette saison, c’est un atout que d’avoir un poisson permettant des pêches très productives !

 

Une mouette peu coopérative s’est accrochée dans le fil de Mathieu

 

Durant son entraînement avant la compétition, Mathieu a cru avoir le départ d’un poisson record. Le moulinet hurlait et a laissé échapper plusieurs dizaines de mètres de fil. Mais quand Mathieu a récupéré sa ligne, il a rapidement compris qu’il ne combattait pas vers la mer mais bien plutôt vers…le ciel ! Il s’agissait d’une mouette qui s’était prise dans son fil lors de son vol. Il a rapidement démêlé le volatile qui, heureusement, ne s’était pas blessé et il l’a aussitôt relâché.

 

Quelques-uns des multiples merlans que Mathieu a pris au Ver Noir !

 

Il est inutile de vouloir pêcher trop fin les merlans. Les empiles en fluorocarbone 30 à 40/100 ne sont pas uniquement là pour limiter les emmêlements. En effet, ces diamètres offrent également l’avantage de résister plus longtemps aux petites dents acérées de ces poissons. Celles-ci ne sont pas assez fortes pour couper en une seule fois l’empile mais, à terme, des prises répétées peuvent affaiblir sa résistance.

 

La prise de merlans a été importante lors de la présélection de l’équipe de France à Dunkerque !

 

Durant la compétition qui s’est déroulée du 30 mars au 3 avril 2026, Mathieu a pris de nombreuses espèces. Outre un magnifique bar de près de 2 kg ainsi que de multiples plats (plies, limandes, flets), le membre du team Normandie Appâts a pêché de nombreux merlans qui ont fortement joué en sa faveur dans le classement - ce qui prouve combien ce poisson peut être abondant durant les périodes propices.

 

Triplé de merlans pour Mathieu Courtin !

 

Cette pêche peut être très productive et les doublés ou triplés peuvent être très fréquents. Toutefois, la taille des merlans pris du bord reste souvent assez modeste par rapport à des pêches plus au large en bateau. Ainsi, les plus belles prises font généralement entre 30 et 40 cm au maximum. Le pêcheur sportif aura donc à cœur de relâcher dans les meilleures conditions possibles les poissons n’atteignant pas la taille réglementaire limite (27 cm). Cette pêche peut être certes productive mais il convient néanmoins d’être respectueux de la ressource pour préserver nos pêches futures.

 

Réglementation concernant la pêche de loisir du merlan :

Selon l’arrêté du 29 janvier 2013, la taille minimale de capture du merlan (Merlangius merlangus) est de 27 cm en Mer du nord, Manche, Atlantique. Aucune réglementation en Méditerranée. Toute prise de taille inférieure devra être relâchée dans les meilleures conditions possibles. Vous noterez que le merlan ne fait pas partie des poissons devant être marqués par l’ablation de la partie inférieure de la nageoire caudale. Retrouvez toutes les informations disponibles sur les tailles minimales dans le cadre de la pêche maritime de loisir dans ce document officiel :
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGIARTI000041553508/2026-01-20/