Pêche du baliste avec Marc Puig
- Technique de pêche
Beau baliste pêché par Marc Puig à l’Américain !
Mieux connaître le Baliste
Lithographie de John White (1856 – 1915) non datée (ndlr : reproduction de cette gravure libre de droit car comme le stipule la loi, ce document a perdu ses droits d’auteur puisqu’il a été publié il y a plus de 70 ans.)
Nom scientifique : Balistes Capriscus
Famille : Balistidae
Noms communs : Baliste, baliste capri, cochon de mer, baliste porc, arbalétrier, baliste gris, baliste perroquet.
Le baliste est un poisson qui mesure communément entre 30 et 45 cm mais dont la taille peut dépasser les 60 cm. Son corps est haut, de forme ovale et aplati latéralement. Sa tête est très grosse (1/4 du corps) et son œil assez petit. Sa livrée varie du gris au vert avec des points bleus. On peut voir assez souvent 3 bandes marron foncé sur ses flancs. Le baliste présente une nageoire dorsale à 3 épines. Sa caudale en forme de croissant est longue avec des pointes effilées. Sa bouche est étroite avec des lèvres lippues. Sa redoutable mâchoire est très puissante. Elle présente de fortes dents (14 en haut, 8 en bas) qui sont capables de casser les plus robustes coquillages ou encore des crustacés. Le baliste a la particularité de ne pas avoir d’écailles mais d’avoir une peau rugueuse et épaisse, couverte de petites plaques en forme de losange. Une forme de carapace très robuste qui le protège mais qui le rigidifie dans sa nage.
Le saviez-vous ?
Le Baliste possède une dorsale qui se dresse en une fraction de seconde quand il attaque ou qu’il est attaqué car elle est…à cran d’arrêt. Les épines reposent en fait sur un système de gâchette qui les déploie violemment et qui les bloque en position verticale. Un système défensif très efficace contre les gros prédateurs qui voudraient le manger. Cela lui a valu le nom de poisson-gâchette (Triggerfish en anglais).
Photo de Mr Diego Delso - libre de droit – source Wikipedia
Le baliste est souvent présenté comme une espèce nouvelle et tropicale en France – à tort ! En effet, il était déjà répertorié par les scientifiques il y a plus d’un siècle ! Il a disparu pendant plusieurs dizaines d’années mais désormais, il revient de plus en plus sur nos côtes. Le baliste commun se trouve en Atlantique est (golfe de Gascogne et un peu moins en Bretagne) et en Méditerranée. Il est beaucoup plus rare dans la Manche et en Mer du Nord. On le rencontre du bord jusqu’à des profondeurs de 30 m en moyenne. En hiver, il migre vers des fonds plus importants (jusqu’à 100 m). Ce poisson est carnassier. Il se nourrit surtout de mollusques et de crustacés (crabes, crevettes, etc.) mais il adore également les vers. Il se nourrit surtout de jour. Le baliste peut aussi bien vivre en groupe, en couple que seul. Avec sa peau très épaisse, le baliste a peu de prédateurs. Associé au réchauffement des eaux, sa population a donc tendance à augmenter progressivement – surtout en Méditerranée.
Le saviez-vous ?
Le Baliste a défrayé la chronique en attaquant des gens qui se baignaient (ex : sur les plages de Saint-Raphaël). Cela se déroule en fait lors de la reproduction de ce poisson de juin à août. La femelle creuse un nid dans le sable assez près des côtes et le mâle se charge de le protéger en attaquant tout intrus, quel que soit sa taille - y compris un être humain. Et avec sa très puissante mâchoire capable de briser les coquillages, ces nageurs doivent effectivement s’en souvenir ! On dit même que certains plongeurs sous-marins ont eu des attaques si violentes qu’ils ont eu leur masque brisé !
Le montage ultra polyvalent et longues distances de Marc Puig
Comme à son habitude, Marc a utilisé son montage fétiche ultra polyvalent spécialement conçu pour atteindre de grandes distances de lancer. Cette spécificité est importante sur les plages plates où il pratique le surfcasting car il peut ainsi atteindre les zones où les profondeurs sont suffisantes pour la tenue de beaux poissons. Simplifié au maximum, il ne possède que très peu d’éléments et ceux-ci sont choisis dans les plus petites tailles possibles. Cela permet de gagner en aérodynamisme et donc en distances de lancer. Ainsi, l’attache du traînard est juste constituée d’un mini rolling maintenu en place par de petits stop-floats. Ceux-ci étant mobiles avec un coulissement dur, il est donc possible de positionner cette attache à n’importe quel endroit sur l’arraché – ce qui rend le montage super polyvalent. Vous pouvez ainsi la placer en hauteur pour avoir une empile en pleine eau (ex : pour le bar) ou bien en position basse afin d’obtenir un traînard reposant sur le fond (ex : pour les sparidés).
Marc nous montre son système de fixation avec des stop-floats longs
Signalons que Marc privilégie désormais les stop-floats longs plutôt que les classiques modèles ovales. Leur principal avantage est tout d’abord d’être beaucoup plus fins et donc bien plus aérodynamiques – ce qui optimise encore les distances de lancer. Plus longs, ils offrent également un peu plus de friction sur l’arraché et cette meilleure résistance optimise l’auto-ferrage du poisson. Ce jour-là, Marc a utilisé au bout de son traînard en fluorocarbone 23/100 un hameçon rond à palette de type chinu en taille 2. Ce modèle lui permet d’avoir un bon compromis piquant – résistance pour affronter de beaux sparidés tout en lui permettant d’utiliser de petits Vers Américains.
Vers Américains Normandie Appâts
Acheter sur appats.shop
Pour cette session, Marc a choisi d’utiliser des Américains pour cibler les belles daurades royales. Récolté en Amérique du Nord, ce ver de 6 à 15 cm présente un corps ferme qui offre une bonne tenue à l’hameçon quand il est enfilé à l’aiguille. Il est également nommé ver sangsue ou bloodworm. Il a la particularité de contenir de l’hémoglobine, ce qui lui a valu le surnom de « ver de sang ». C’est justement l’odeur de ce sang se diffusant dans l’eau qui attire les poissons sur de très grandes distances. Cette hémoglobine contribue également à ce que le poisson le garde plus longtemps en gueule, optimisant ainsi un meilleur ferrage.
Le poste de Marc
Les méfiantes daurades royales occasionnant des touches très discrètes, Marc a comme à son habitude disposé ses cannes parfaitement parallèles l’une à côté de l’autre afin de repérer le moindre écart au niveau du scion.


Beau baliste pêché à l’Américain par Marc Puig !
Mais alors qu’il attendait une touche très fine d’un sparidé, Marc encaisse un départ au frein d’une violence impressionnante. Alors que le membre du team prend la canne déjà bien bandée, le frein du moulinet ne cesse d’hurler. Après plusieurs rushs similaires, le poisson arrive enfin sur la rive. Alors qu’il l’échoue sur le sable, Marc comprend ce combat si particulier : il s’agit d’un baliste !


Le baliste est un farouche combattant au bout de la ligne car il effectue des rushs puissants !
Dire qu’on va pêcher spécifiquement le baliste serait ridicule. Il est en effet assez rare et il n’y a pas de technique ou d’appâts spécifiques pour le rechercher en particulier. Néanmoins, certains secteurs sont plus propices à sa tenue que d’autres. C’est ainsi le cas par exemple à proximité des parcs conchylicoles (moules, huîtres, etc.) car il adore les coquillages. En été, il est également bien présent près des côtes sur les plages sableuses.


Le baliste est un poisson vraiment hors normes !
Lorsque vous manipulez un baliste pour la photo, Marc vous conseille de bien faire attention avec ce poisson caractériel. En effet, ses épines érectiles bloquées en position dressée sont très affûtées et les risques de piqûres profondes sont réels. Vous constaterez également que sa peau est incroyablement dure et rugueuse. Attention : ne retirez surtout pas l’hameçon à la main, surtout si le baliste a bien engamé. Avec sa redoutable mâchoire, les risques qu’il vous entaille profondément un doigt voire même qu’il ne vous le coupe net sont bien présents. Utilisez donc une pince pour plus de sécurité (tout pêcheur devrait en avoir une !). Au niveau culinaire, sachez que sa chair blanche sans arêtes est délicieuse. Certains estiment qu’elle rappelle celle de la lotte avec des notes de chair de crabe. Vous noterez d’ailleurs que sa peau épaisse est un avantage pour sa cuisson car elle protège sa chair – la rendant juteuse et fondante.
À noter !
Le baliste ne fait pas partie des poissons ayant une taille minimale réglementaire - aussi bien en Atlantique, en Manche, en Mer du Nord qu’en Méditerranée. Ce poisson pouvant dépasser les 60 cm, nous vous recommandons de relâcher les individus de moins de 30 cm pour la pérennité de l’espèce.


Les poissons du mois