Pêche de la coquette aux appâts

Publié le vendredi 13 mars 2020 par Stéphane Charles
  • Technique de pêche

 

Magnifique coquette mâle pris avec un inchiku boosté aux appâts

 

Connaître la coquette

 

Une coquette mâle avec sa livrée terminale en Atlantique (Photo prise par Mr Matthieu Sontag au centre de la mer Nausicaä)

 

Nom scientifique : Labrus mixtus

Famille : labridé

Noms communs : coquette, vieille coquette, labre varié, labre mêlé

La coquette est un labridé qui mesure en moyenne entre 20 et 35 cm mais il peut atteindre plus de 50 cm. Ainsi, le team Normandie a pu prendre des spécimens atteignant 55 cm ! Comme tous les labridés, ce poisson présente des lèvres épaisses et une forte dentition. Il possède un corps allongé et une nageoire dorsale plus longue que la moyenne par rapport à d’autres labres. La coquette se nourrit de mollusques, de crustacés, de vers et adopte même un comportement carnassier en chassant des poissons ou des céphalopodes. Certains individus deviennent ainsi de véritables prédateurs attaquant des proies très grosses au regard de leur taille. Sachez d’ailleurs que les coquettes peuvent être agressives au point d’attaquer les plongeurs sous-marins au visage ou aux mains !

 

Le saviez-vous ?

 

La coquette femelle présente de son côté une livrée orange

 

La coquette porte assez mal son nom puisque c’est en fait le mâle qui porte cette livrée multicolore orangée et turquoise qui lui a valu son nom scientifique (Labrus mixtus). La femelle est juste de couleur orangée avec le bas du dos brun derrière les nageoires dorsales. Les coloris du mâle s’intensifient nettement lors de la période de reproduction au printemps. Les poissons vivant dans plus de 100 m de fond peuvent avoir une robe beaucoup plus pâle car ils vivent dans des profondeurs où la lumière n’arrive presque plus et celles-ci ne leur sont donc plus utiles dans l’obscurité.

 

L’aire de distribution de la coquette s’étend sur toutes les côtes françaises (Méditerranée, Atlantique, Manche, Mer du nord). Ce poisson vit dans des fonds rocheux et apprécie comme la plupart des labridés la présence d’algues. Cette espèce peut vivre dans de très faibles fonds à proximité des rives (moins de 2 m) jusqu’à des profondeurs importantes (plus de 200 m). Le team Normandie appâts a ainsi pêché des coquettes jusqu’à près de 150 m de fonds.

 

 

L’origine du nom de la coquette

 

Cette coquette n’a pas hésité à mordre sur un inchiku de 200 g boosté avec des lanières de calamar

 

Le terme coquette est le diminutif féminin du coq et fait référence au plumage bigarré et au comportement ostentatoire de ce volatile. Ce terme signifie également « qui cherche à plaire », c’est la raison pour laquelle le labridé Labrus mixtus qui possède une livrée multicolore a été nommé « coquette ».  L’origine du nom scientifique mixtus provient des nombreuses couleurs chamarrées de sa robe.

 

 

Pêche de la coquette

 

Cette coquette mâle pêchée très profondément a des couleurs beaucoup plus pales que les individus pêchés dans des zones de plus faibles profondeurs

 

Encore ici, penser qu’on va uniquement pêcher la coquette serait illusoire. C’est un poisson qu’on prendra en même temps que d’autres espèces telles que des sparidés (daurades, pageots, sars, etc.), d’autres labridés (vieilles, crénilabres, etc.), des grondins, des chapons, etc. On peut néanmoins se donner plus de chances d’en toucher en privilégiant certaines zones de pêche. Ainsi, les prises de coquettes seront bien supérieures dans les secteurs à substrat rocheux où se trouvent des herbiers (ex : posidonies). En effet, comme tous les labridés (à part le rason préférant le sable), la coquette apprécie particulièrement ces configurations de terrain.

 

  • Pêches côtières

 

Montage empile et traînard

 

La coquette pouvant se trouver aussi bien dans quelques mètres de fonds que dans plus de 100 m de profondeur, les techniques pour la pêcher seront multiples. Dans les zones côtières et dans moins de 50 / 60 m de fonds, le classique montage empile et traînard pour le « tout-venant » sera parfait. L’avantage sera ici d’intéresser aussi bien les espèces benthiques se nourrissant sur le fond que les espèces mordant généralement plus haut dans les couches d’eau. Empile et traînard sont réalisés avec du fluorocarbone en 26/100. L’utilisation de tels diamètres et l’indice de réfraction proche de l’eau de ce matériau apportera au montage la nécessaire discrétion dans ces eaux où la visibilité est bonne.

 

Maurice avec une coquette prise au Rag Normandie Appâts avec le montage empile + traînard

 

Dans des fonds peu importants (moins de 20 m) ou en présence d’une eau cristalline, il sera possible de descendre à du 24 ou 22/100 – des diamètres offrant un compromis intéressant. Du 20/100 (et même moins) pourra être utilisé lors de conditions très difficiles mais de tels diamètres demanderont une bonne expérience et un frein parfaitement réglé. Sur lignes aussi fines, les casses sur de gros poissons feront également parti du jeu.

 

  • Pêches profondes

 

Montage pêche profonde avec octopus en teasers

Vibrations et effets de volume apportés par les octopus

 

La coquette étant un carnassier consommant fréquemment des céphalopodes (ex : calamars), l’utilisation d’octopus en teaser sur vos montages sera un avantage certain. Les effets de volume de ce leurre souple et les vibrations produites par le mouvement des tentacules attireront ces poissons sur de grandes distances. Pour les pêches profondes jusqu’à plus de 100 m, les puissants courants dans de tels fonds demanderont des diamètres plus importants afin d’éviter les phénomènes de vrillage.

 

Coquette femelle très pâle pris en grande profondeur au montage octopus

 

Avec des poissons de tailles moyennes, des empiles relativement courtes (40 à 60 cm) réalisées dans du fluorocarbone 40 à 45/100 seront parfaites. Des perles clipots transparentes leur assureront une rotation multidirectionnelle et contribueront également à limiter les emmêlements.

 

Montage octopus gros poissons / pêches profondes

 

En présence de gros poissons tels que des pagres, de beaux chapons, des merlus, etc. et dans des fonds encore plus importants balayés par de forts courants, un montage octopus avec une empile et un traînard conçus dans du fluorocarbone de plus fort diamètre seront conseillés.

 

Un pagre et une belle coquette mâle pris sur un montage octopus gros poissons par Joël

 

Avec l’obscurité des abysses au-delà de 120 m de fond, l’utilisation de fil en 55 à 60/100 ne rebute en effet pas les poissons et permettra d’affronter de beaux spécimens. Notez que quel que soit le montage choisi, il sera recommandé de privilégier les hameçons à palette pour l’utilisation de beaux vers tels que le Bibi, le Rag, le Mouron, etc. Vous pourrez ainsi les escher à l’aiguille en les faisant remonter sur le fil des empiles.

 

  • Pêche au madaï jig boosté aux appâts

 

Madaï jig coulissant monté sur nylon avec des vers

 

D’origine japonaise, le madaï jig est un leurre de pêche verticale qui imite à la perfection un petit poulpe. Ce céphalopode étant une proie de prédilection pour tous les prédateurs benthiques, ce leurre est donc très efficace sur les coquettes mais également les pagres, les chapons, les grondins, les merlus, etc.

 

Cette coquette femelle prise au madaï jig associé à une lanière de calamar est devenue presque blanche en grandes profondeurs

 

Sa jupe constituée de brins de silicone ultra souples donnent un effet de volume attractif et les longues lanières simulent les tentacules de ce céphalopode lors de l’animation. Et si ce leurre est déjà très attractif utilisé seul, il ne peut l’être qu’encore plus lorsqu’il est associé à un appât tel qu’un ver, une languette de calamar, etc. C’est logique ! Le team Normandie Appâts bateau a ainsi pu pêcher de très nombreuses espèces de prédateurs dont de belles coquettes avec ce type d’association.

 

  • Pêche à l’inchiku associé à des appâts

 

Coquette prise avec un inchiku associé à des lanières de calamar

 

Tout comme le madaï jig, l’inchiku associé à des appâts est hyper attractif sur tous les carnassiers marins. Son attractivité vient du fait qu’il imite un petit calamar – une des proies favorites de tous les prédateurs en mer. Encore ici, l’octopus dont il est doté possède des tentacules qui se gonflent et se rétractent dans les courants et qui produisent des vibrations que les carnassiers ressentent sur leur ligne latérale à de grandes distances. En rajoutant un bibi, une lanière de céphalopode ou même encore un tentacule sur les assist hook, cet ensemble est d’une rare efficacité sur les prédateurs. Il est à noter qu’ainsi boosté avec des appâts, il est efficace même utilisé par des débutants – enfants compris !

 

 

Les appâts pour pêcher la coquette

 

Madaï jig associé à des Rags Normandie Appâts

 

Qu’ils soient placés au bout des empiles d’un montage ou sur un leurre (madaï ou inchiku), l’appât devra être suffisamment robuste pour résister aux assauts des petits poissons parasites. Pour la coquette, nous vous conseillons d’utiliser des vers charnus et solides tels que le Bibi, le Rag ou encore le Mouron. Il sera également possible d’employer des tentacules ou des lanières de céphalopodes découpées dans le manteau en forme de feuille afin qu’elles ondulent dans les courants.

 

Bibis Normandie Appâts

 

En présence de nombreux petits poissons indésirables causant des touches multiples et mettant rapidement à nu votre hameçon, il sera vivement conseillé d’utiliser du Bibi. Il est très robuste et c’est donc le ver idéal pour booster un inchiku ou un madaï jig. Sachez d’ailleurs que l’intérieur du bibi possède une légère phosphorescence que les poissons peuvent voir dans le noir, - le rendant ainsi très intéressant pour pêcher dans l’obscurité des abysses lors de pêches profondes.

 

Coquette prise avec un inchiku boosté avec une lanière de calamar

 

Mourons Normandie Appâts

 

Le mouron est un des vers préférés des compétiteurs pour sélectionner les labres – et donc la coquette. Robuste et très efficace sur cette espèce, il est ainsi couramment utilisé pour les compétitions de pêche dans la roche des labridés. Avec son corps épais et ferme, ce ver est assez résistant et supporte bien les attaques des petits poissons.

 

Rags Normandie Appâts

 

Le Rag Normandie Appâts offre l’avantage d’être épais et charnu, ce qui facilite son eschage et permet de proposer une grosse bouchée. Le Rag est particulièrement adapté aux pêches profondes car sa phosphorescence visible par les poissons et le suc spécifique qu’il contient le rendent hyper attractif sur tous les prédateurs – dont la coquette. Signalons que ce ver est une excellente alternative aux vers américains car il est plus économique.