Chinchard / sévereau : un poisson à découvrir !

Publié le vendredi 6 février 2026 par Stéphane Charles
  • Technique de pêche

 

Les membres du team Normandie Appâts connaissent parfaitement la pêche du chinchard (sévereau) !

 

 

Le chinchard (sévereau)

 

Gravure extraite « Trachurus trachurus » issu du livre « L’histoire naturelle royale » de Lydekker, Richard, 1849-1915 ; Sclater, Philip Lutley, 1829-1913. - Licence de documentation libre GNU – Wikipedia. (ndlr : reproduction de cette gravure libre de droit car comme le stipule la loi, ce document a perdu ses droits d’auteur puisqu’il a été publié il y a plus de 70 ans.)

 

Nom scientifique : Trachurus trachurus
Famille : Carangidae (caranguidés)
Noms communs : chinchard, sévereau (Provence), caringue, maquereau anglais, saurel, gascoun, estrangle etc.

 

Mathieu Courtin avec un chinchard pêché à la Demi-Dure Normandie Appâts

 

Le chinchard (ou sévereau) mesure en moyenne jusqu’à 30 / 40 cm. La taille maximale de certains spécimens peut atteindre 50 cm pour un poids pouvant avoisiner près de 2 kg. Son corps est fusiforme, allongé et aplati sur les côtés. Ses flancs sont argentés, nacrés et son dos est plus sombre. L’œil est assez gros. Le museau est pointu avec une mâchoire légèrement proéminente. La bouche est protractile – c’est-à-dire qu’elle se déploie vers l’avant pour capturer ses proies. Les deux nageoires dorsales sont bien séparées et distinctes. Ce poisson a la particularité d’avoir deux lignes latérales. La première est particulière : elle est bien visible avec un tracé sinueux dit en baïonnette sur laquelle se trouve des écailles épaissies en relief nommées scutelles qui sont bien apparentes. Elle est même dotée au niveau postérieur d’épines en son milieu. L’autre ligne latérale est moins visible. On peut voir juste à la base de l’anus deux épines avant la nageoire anale. La nageoire caudale est très fourchue. Vous noterez que l’autre caractéristique du chinchard est qu’on a l’impression de voir ses côtes au niveau du ventre.

 

 

L’origine du nom chinchard :

 

Walter Sarret du team Normandie Appâts avec un beau doublé de chinchards pris à la demi-dure

 

Le terme Chinchard provient de l’ancien français Chinche qui veut dire punaise. Cela montre combien ce poisson était alors abondant dans nos eaux ! L’origine de son nom scientifique est grecque. Trachus signifie rude et Oura veut dire queue. Trach / urus : queue rude en rapport avec les scutelles de son pédoncule caudal qui rendent sa queue rugueuse.

 

Joli doublé de sévereaux pour Mathieu Courtin !

 

L’aire de répartition du chinchard (ou sévereau) s’étend sur toutes les côtes françaises. Grégaire, il vit en bancs parfois très importants (jusqu’à des milliers – voire des dizaines de milliers d’individus). C’est un poisson pélagique, - c’est-à-dire qu’il vit en pleine eau et qu’il parcourt de grandes distances. Les chinchards arrivent près des côtes au début du printemps et ils y restent durant tout l’été. Carnassier, le chinchard se nourrit de poissons, d’annélides (vers), de crustacés, de céphalopodes, etc. Il chasse en banc et il s’alimente plus la nuit que le jour. À la faveur de l’obscurité, il se rapproche des côtes puis dès le jour, ils repartent plus en pleine eau. C’est donc à la tombée du soir et durant toute la nuit que leur pêche du bord est alors possible. En hiver, ils regagnent le large où ils vont rester dans des profondeurs comprises entre 100 et 500 m. Sachez que cette espèce pélagique peut même descendre jusqu’à des fonds abyssaux dépassant les 1000 m !

 

Le saviez-vous ?

Walter Sarret avec un chinchard pris à la Demi-Dure lors d’une compétition

Il existe d’autres espèces de chinchards (sévereaux) ressemblant au chinchard commun (sévereau commun). Ainsi, le chinchard (ou sévereau) à queue jaune (Trachurus mediterraneus) s’en distingue par un profil plus longiligne, une section plus cylindrique et une robe plus claire. Comme son nom l’indique, ses nageoires et sa queue sont jaunes. Il vit plus au large et, en hiver, il descend plus profondément que le chinchard commun. Le chinchard bleu ou sévereau du large (Trachurus picturatus) a la particularité d’être plus grand puisqu’il peut dépasser les 60 cm. Son corps est fin, son dos est plus foncé en bleu sombre et ses nageoires tirent sur le rose. Plus rare, le Trachurus Suaerus a le dos couleur gorge de pigeon, la queue est rose et ses flancs sont irisés.

 

 

Comment pêcher le chinchard

 

Le montage de surface polyvalent jour et nuit de Walter Sarret et Marc Puig du team Normandie Appâts

 

Comme nous l’avons expliqué plus haut en décrivant ses mœurs et son biotope, le chinchard (sévereau) est surtout présent en côte durant la nuit – même si des prises accessoires durant la journée sont possibles. Les zones portuaires (attention aux réglementations locales) et les digues rocheuses éclairées sont alors d’excellents endroits pour le rechercher. Il est également présent en plage, surtout si les bancs de poissons fourrage sont près du bord. Retrouvez le montage que le team Normandie Appâts utilise pour pêcher les chinchards durant les compétitions ou pour leurs pêches de loisir.

 

Les perles phosphorescentes attirent les chinchards sur de grandes distances !

 

Walter Sarret et Marc Puig ont spécifiquement conçu ensemble ce montage de surface polyvalent jour et nuit pour la compétition. Ils ont en fait pris les meilleures parties de leurs montages respectifs pour en créer un en commun qui réunit toutes leurs connaissances et leurs points forts. Ainsi, ce montage permet de passer en un instant des pops-ups pour les poissons diurnes (ex : mulets) à des perles phosphorescentes pour les poissons nocturnes (chinchards). La nuit, les perles flottantes autobloquantes surélèvent les appâts. Associées à leur grande phosphorescence, cela permet d’attirer sur de grandes distances les chinchards vivant en pleine eau. Les 3 empiles d’1 m sont en fluorocarbone 16/100, ce qui les rendent très discrètes. Parfait pour ces poissons méfiants !

 

La Demi-Dure est une valeur sûre pour pêcher les chinchards (sévereaux) !

 

Des mini perles clipots rondes encadrées de micro-perles collées assurent une parfaite rotation des empiles et évitent les problèmes de vrillages. Vous noterez que le team Normandie Appâts utilise des hameçons à hampe longue car il estime que le ratio touches / prises est bien supérieur avec des espèces telles que le mulet ou le sévereau. La hampe optimise l’autoferrage car elle crée en effet un point d’appui lorsque le poisson se saisit de l’appât – ce qui est très important en pleine eau. Son autre atout est que le ver a moins tendance à se tasser dans la courbure.

 

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La Demi-Dure est un des meilleurs appâts pour le chinchard (sévereau) – et aussi d’ailleurs pour le mulet ! Ces espèces peuvent sentir ses effluves sur de très grandes distances. De même, ces poissons apprécient particulièrement sa structure très tendre. L’avantage est d’ailleurs que lorsque le chinchard mord, les chairs de ce ver s’écrasent plus facilement et libèrent mieux la pointe de l’hameçon. L’empile étant en pleine eau, cela augmente encore l’efficacité de ce ver sur ce petit carnassier !

 

 

Chinchard : une pêche plaisir

 

Mathieu Courtin du team Normandie Appâts connaît parfaitement la pêche des sévereaux !

 

Le chinchard (ou sévereau) offre un avantage considérable pour les pêcheurs de loisir : il est très abondant ! En effet, il est peu impacté par la pêche professionnelle commerciale car il est difficilement vendable. Cette espèce est également très prolifique et il n’est pas rare que des bancs atteignent plusieurs dizaines de milliers de poissons. Il est ainsi parfait pour la pêche plaisir car il permet de profiter de nombreuses prises et les bredouilles sont rares. C’est d’ailleurs un excellent entraînement pour la pêche d’autres poissons plus recherchés tels que le bar ou les sparidés. Et dernier avantage non négligeable : comme nous le verrons en conclusion, sa chair crue est un met très prisé des gourmets.

 

 

Chinchard : une pêche essentielle en compétition !

 

Walter connaît bien l’importance des sévereaux lors des compétitions !

 

Les concours se déroulant souvent le soir et la nuit, savoir pêcher des sévereaux est indispensable pour les compétiteurs ! En effet, ce poisson étant abondant, il permet d’engranger de nombreux points facilement. Les membres du team Normandie Appâts qui font souvent de tels concours le savent bien. Ainsi, le grand compétiteur Mathieu Courtin (champion de France toutes catégories en 2010 et 2018) considère qu’une bonne connaissance de la pêche des chinchards est essentielle lors des concours. Il a donc peaufiné au mieux son montage pour un maximum d’efficacité et il connaît toutes les subtilités de la pêche de ce poisson !

 

 

Chinchard : un vif idéal pour pêcher de gros carnassiers !

 

Marc utilise souvent les sévereaux pour pêcher au vif de gros prédateurs

 

Il faut savoir également que le chinchard (ou sévereau) est un vif idéal pour pêcher de beaux prédateurs tels que la liche, le tassergal, le bar, etc. Tout comme la sardine, il représente une des bases de la chaîne alimentaire pour tous ces gros carnassiers ! Ainsi Marc adore utiliser ce poisson pour rechercher ces prédateurs du bord avec un montage spécifique.

 

Montage vif en téléphérique de Marc Puig

 

Le principe du montage téléphérique de Marc Puig est très simple ! Il pêche avec des cannes puissantes dotées de moulinets garnis de nylon en 50/100. Marc attache un plomb grappin à branches en laiton directement à sa ligne et l’envoie à quelques dizaines de mètre du bord. En s’accrochant solidement au fond, ce plomb lui permettra d’appliquer une bonne tension dans sa ligne. Quand le nylon est bien tendu, l’empile avec le vif coulisse ainsi beaucoup mieux jusqu’à l’eau.

 

Le vif a tendance à nager vers le large

 

Une fois le plomb bien en place, Marc installe son vif sur son montage stewart avec 2 hameçons octopus 5/0 en ligne. Son empile est constituée de fluorocarbone 100/100. Dans ce diamètre, ce matériau est très résistant à l’abrasion et il peut donc supporter la redoutable dentition d’un tassergal. Les hameçons 5/0 sont plantés juste sous la peau du dos du vif avec l’hameçon terminal au niveau de la première dorsale et le second au niveau de la 2ème dorsale. Ainsi esché par l’arrière, le poisson aura ainsi tendance à nager vers le large.

 

Magnifique tassergal de 4,6 kg pris au vif par Marc Puig !

 

Le vif une fois dans l’eau, Marc lève sa canne le plus haut possible et tend son fil. En mettant ainsi plus d’angle à sa ligne, il favorise le coulissement de l’empile et aide ainsi le vif à s’éloigner. Aussi simple qu’efficace !

 

 

Le chinchard : une chair excellente quand elle est mangée crue !

 

« Poisson Aji (chinchards) et Kuruma-ebi, (crevettes) de la série Uozukushi » Utagawa Hiroshige 1830. « Conformément à la politique d'accès libre du Met, vous pouvez librement copier, modifier et distribuer cette image, même à des fins commerciales. » https://www.metmuseum.org/

 

Le chinchard (ou sévereau) cuit n’a qu’un intérêt gustatif limité lorsqu’il est cuit au four car sa chair est alors assez sèche. C’est la raison pour laquelle beaucoup de pêcheurs français le rejettent. Pourtant, saviez-vous qu’au Japon, ce poisson servi cru est considéré comme un mets de choix ? C’est même un des préférés des japonais et ses prix y sont même supérieurs à celui du bar ou du saumon. Ses filets crus dégustés en sushis, sashimis ou makis qu’on a laissé maturer au moins 24 h sont un must pour les nippons ! Il est ainsi possible de déguster ses filets avec juste un peu de sauce soja et / ou du jus de citron. Le jus de cet agrume accompagné d’un filet d’huile d’olive peut aussi vous permettre de faire un carpaccio en tranches fines ou du ceviche lorsqu’il est coupé en cube (comptez 15 à 30 minutes de repos). Vous pouvez même rajouter de l’oignon rouge en tranches, de la ciboulette et un peu de piment d’Espelette. Essayez : vous serez bluffés. C’est un délice !