La mye : un appât redoutable !

Publié le vendredi 14 août 2020 par Stéphane Charles
  • Technique de pêche

 

La mye est un excellent appât pour cibler les belles daurades royales !

 

 

Description de la mye

 

Mya arenaria - Gravure extraite de «De Weekdieren van Nederland» - 1859 (Licence de documentation libre GNU – Wikipedia )

 

Nom scientifique : Mya arenaria (linnaeus 1758) 
Famille : Myida
Classe : Bivalvia
Noms communs : Mye, mye commune, mye des sables, mye solide, pied de sabot, lacogne, clam, coque, grande lutraire, bec de jar, clanque, patagot, « piche dû », « vise en l’air », « pisse en l’air », « kouillou kezeg », etc.

 

Les myes de Walter pour sa session daurades royales

 

La mye est un coquillage bivalve (coquille à deux valves) vivant dans le sable. Assez plate, sa forme est ovoïde. Sa coquille assez lisse présente des stries correspondant aux étapes de croissance du coquillage. Elle est de couleur blanchâtre avec des teintes passant du jaunâtre au brun clair. Elle possède deux siphons soudés entre eux que l’on décrit généralement comme un seul siphon. Ce siphon épais lui permet de s’oxygéner et de filtrer le phytoplancton dont elle se nourrit. Elle peut ainsi filtrer plusieurs dizaines de litres d’eau de mer par jour. La largeur de ce coquillage est deux fois plus importante que sa longueur. Il peut mesurer jusqu’à 15 cm de large. Ce bivalve est excellent pour la pêche d’espèces aussi diverses que le bar, les sparidés (daurade royale, sars, etc.), les poissons plats (flets, plies, etc.), les raies, les merlans, etc. Ce coquillage est très charnu et ses chairs sont très résistantes à l’hameçon. On peut l’utiliser entier pour proposer une grosse bouchée ou en morceaux pour des pêches plus fines. Son siphon peut être utilisé séparément pour la pêche et il est même considéré comme la meilleure partie pour cet usage. Sachez que ce bivalve est très résistant dans le temps et qu’il se conserve fort bien dans un simple seau d’eau de mer. Une source d’oxygénation permettra de le garder vivant encore plus longtemps.

 

Le saviez-vous ?

 

La mye que Walter va escher sur son montage daurades royales

 

La mye est également nommée « vise en l’air », « pisse en l’air » ou « pissous » car elle a la particularité d’éjecter régulièrement des jets d’eau hors du sable avec son puissant siphon. Sachez également que son nom de « kouillou kezeg » vient du patois breton et signifie littéralement…« couille de cheval » en raison de sa forme.

 

 

Eschage de la mye

 

Avec un couteau, Walter ouvre le coquillage en prenant soin de laisser les chairs sur une seule coquille

 

Membre du team Normandie Appâts, Walter Sarret a été sollicité pour essayer sur le terrain cet appât nouvellement distribué par la société. Il nous montre ici dans un pas à pas détaillé comment il prépare la mye pour l’escher sur son montage traînard.

 

Il enlève alors les chairs de la mye avec la lame du couteau

 

Ce bivalve est imposant et au moment où Walter l’ouvre à l’aide d’un couteau, il est étonné par la puissance de ses muscles. C’est la garantie d’avoir des chairs robustes qui résisteront bien aux assauts des petits poissons dans l’attente d’un beau specimen. La mye lui envoie même un jet d’eau puissant lorsqu’il l’ouvre – preuve de sa fraîcheur et de sa vigueur.

 

Les chairs d’une mye représentent une belle bouchée !

 

Une fois les chairs enlevées de la coquille, Walter constate combien une seule mye représente une grosse bouchée. De même, les chairs sont très fermes et compactes. L’idéal pour séduire une grosse daurade royale !

 

Walter transperce la mye avec une aiguille à escher

 

Walter transperce la mye avec une aiguille à escher. Il utilise un modèle de forte section qui lui offrira une plus grande rigidité structurelle lorsqu’il ligaturera la mye. Cette aiguille lui permettra également d’appliquer une plus forte tension lors du transfert de cet appât si ferme sur l’hameçon.

 

Quelques tours avec du fil élastique à ligaturer fin consolideront les chairs

 

Walter fait quelques tours avec du fil élastique à ligaturer fin alors que les chairs de mye se trouvent sur l’aiguille. Cela lui permet de former un boudin uniforme réunissant toutes les chairs.

 

La présentation est parfaite !

 

L’ensemble ainsi obtenu offre une parfaite présentation et Walter a l’assurance d’avoir conservé un maximum des chairs attractives de la mye. Cet appât très ferme pourra affronter les lancers les plus puissants et il résistera longtemps aux assauts des petits poissons indésirables ou des crabes. Seule une belle daurade royale à la gueule suffisamment puissante et assez large pourra croquer une telle bouchée.

 

Walter transfère les chairs de mye sur son hameçon

 

Walter place la pointe de son hameçon (ici un circle hook) dans la cavité de l’aiguille. Il la bande au maximum pour éviter que l’hameçon ne saute lors du transfert. La rigidité de l’aiguille lui permet d’exercer suffisamment de force quand il pousse ces chairs très fermes de l’aiguille vers l’hameçon.

 

Les chairs sont étirées sur le fil du traînard

 

Une fois les chairs de mye remontées sur le fil de son traînard, Walter prend soin de bien les étirer sur la ligne afin que celles-ci ne viennent pas se tasser dans la courbure.

 

Walter dégage la pointe de son circle hook pour un maximum d’efficacité

 

Walter dégage également la pointe de son circle hook. En effet, la pointe de ce type d’hameçon doit absolument dépasser de l’appât pour être efficace. Même avec un poisson aussi méfiant que la daurade royale, cette pointe apparente reste très discrète. Ainsi présentée, la mye est aussi attractive qu’efficace !

 

 

Test terrain de la mye par Walter Sarret

 

 

Pour tester l’efficacité de la mye sur les daurades royales, Walter s’est ainsi rendu sur un de ses spots préférés. Il sait que ces sparidés y sont bien présents en cette saison et une session d’une matinée peut suffire pour tester cet appât. Arrivé à l’aube, Walter a esché ses montages avec des chairs de mye comme il nous l’a montré précédemment. Son montage surfcasting spécial daurades royales est constitué d’un long traînard doté d’un circle hook. Il a toute confiance dans cet hameçon pour la pêche de ce magnifique sparidé car il lui a permis de prendre de très beaux spécimens.

 

Circle hook

 

Le circle hook offre de multiples avantages pour la pêche de la daurade royale. Cet hameçon est auto-ferrant - c'est-à-dire que le poisson se ferre de lui-même lorsqu’il part avec l’appât. Il suffit juste de régler son frein un peu plus fort qu’à l’accoutumé. Avec sa forme très fermée et la pointe à 90 ° formant un anti-retour très efficace, les risques de décrochages sont quasi nuls une fois l’hameçon planté. De même, le circle se plantant uniquement dans les lèvres, l’énorme avantage est que le fil n’est pas exposé aux terribles dents de la daurade royale. Vous évitez ainsi les coupes intempestives durant le combat, surtout sur les beaux poissons.

 

Durant cette session, les conditions ont été difficiles pour Walter

 

Durant cette matinée, le temps très lourd est difficilement supportable. Les fortes chaleurs associées à un taux d’humidité très important sont étouffantes. Certainement des brumes de chaleur liées aux températures élevées causant une forte évaporation en mer. Walter doit affronter ces conditions très désagréables mais pas uniquement. La forte pression atmosphérique plaque littéralement les moustiques au ras du sol et il subira de multiples piqures durant toute sa session. Il nous avouera après coup combien ces conditions lui ont été pénibles en nous disant : 
-    « Même si je supporte bien les piqures de moustiques, j’ai cru ce jour-là que j’allais m’arracher la peau tant je me suis gratté. Avec la chaleur humide, c’était très dur à supporter ! »

 

D’un coup de mâchoires, un tassergal est capable de trancher en deux un poisson ! (photo de Marc Puig du team Normandie Appâts)

 

Peu après avoir installé son poste et lancé ses montages, Walter remarque une agitation soudaine en surface à proximité de la rive. Des splashs et des éclaboussures suivis par de longs sillages lui signalent un poisson pris en chasse par un prédateur. Alors que celui-ci tente de se réfugier près de la rive, Walter peut alors voir un mulet de 15 cm poursuivi par un tassergal dont la taille atteint près de 70 cm ! Walter connaît bien ce prédateur à la mâchoire dotée de dents ultra tranchantes. Il a ainsi subi plusieurs fois l’expérience de poissons qu’il avait pris à la ligne qui ont été attaqués par un de ces féroces carnassiers. Il a ainsi parfois récupéré des daurades royales complètement coupées en deux alors qu’il s’agissait de spécimens de bon poids. Leur présence sur son spot n’est donc pas une bonne nouvelle pour le pêcheur et il le sait très bien ! Il insiste néanmoins en se disant que les plus grosses daurades royales qu’il vise sont d’une taille suffisante pour ne pas être effrayées par ces redoutables prédateurs.

 

Le départ est violent et le frein hurle pendant que la bobine libère le fil

 

Et son obstination paie puisque près d’une heure plus tard, il enregistre un départ violent sur une de ses cannes. Le rush est puissant et le frein hurle alors que la bobine se dévide. C’est assurément un gros poisson ! Les gros coups de tête dans la canne lui indiquent clairement qu’il s’agit d’un beau sparidé. Canne haute et avec un frein parfaitement réglé, Walter sait qu’il doit être patient afin de bien fatiguer la daurade en limitant les risques de casses. Au fur et à mesure du combat, les rushs sont de plus en plus courts et le pêcheur réussit progressivement à ramener le poisson. Épuisée, la daurade se met enfin sur le flanc et Walter la guide à proximité de la rive.

 

Une longue épuisette permet d’assurer sa prise

 

Walter a toute confiance dans la tenue de son circle hook mais il préfère « assurer » la prise de ce poisson avec son épuisette. Un aussi beau spécimen ne se prend pas tous les jours !

 

Walter Sarret du team Normandie Appâts avec une magnifique daurade royale d’1,8 kg

 

Au peson, cette magnifique daurade affiche un poids d’1,8 kg. Pour cette espèce, il s’agit d’un beau poisson !

 

La mâchoire d’une grosse daurade royale est impressionnante !

 

Alors qu’il se prend en photo avec sa prise, Walter constate combien une daurade royale de ce poids possède une large et puissante mâchoire. En présentant une mye entière, cette grosse bouchée était parfaite pour cibler ce type de spécimen. Ici encore, Walter constate que le circle hook est planté à la commissure des lèvres – éloignant ainsi le fil des terribles dents de ce sparidé. Associé à son montage traînard, cet hameçon est décidément d’une redoutable efficacité sur les daurades royales !

 

Cette belle daurade royale prouve combien la mye est un excellent appât

 

Même s’il est connu depuis longtemps que la mye est hyper efficace sur un grand nombre d’espèces (sparidés, bars, plats, etc.), c’était la première fois que Walter utilisait cet appât. Et avec une aussi belle daurade royale, son test a été plus que concluant. Nul doute que le pêcheur utilisera à nouveau cet appât nouvellement distribué par Normandie Appâts lors de futures sessions !

 

Réglementation :

 

Ce spécimen pris par Walter dépasse amplement  la taille minimale de capture de la daurade royale

 

Selon l’arrêté du 29 janvier 2013, la taille minimale de capture de la daurade royale est de 23 cm en Mer du nord, Manche, Atlantique et Méditerranée. De même, selon l’arrêté du 17 mai 2011, chaque prise devra « faire l’objet d’un marquage » Ce marquage consiste en l’ablation de la partie inférieure de la nageoire caudale. » Retrouvez également toutes les informations disponibles sur les tailles minimales dans le cadre de la pêche maritime de loisir dans ce document officiel :
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000027093867&dateTexte=&categorieLien=id

 

Premier essai de la mye en appât pour Walter. Résultat : une daurade royale d’1,8 kg !