Grosses daurades royales à la calée

Publié le vendredi 28 juin 2019 par Stéphane Charles
  • Technique de pêche

Appâts associés à cet article:

 

Impressionnant doublé de grosses daurades royales par Emmanuel Laubu !

 

Avec la belle saison et les premières chaleurs, la température s'est stabilisée et les daurades royales sont revenues en masse sur nos côtes. L’occasion parfaite pour rechercher les plus beaux spécimens en pêche à la calée. Une pêche facile et…ultra efficace ! Le terme de « la calée » définissant cette technique vient du fait que cette technique consiste à placer ses cannes dans les interstices des rochers ou même de les poser sur un quai bétonné. Les cannes sont alors « calées » en attente de la touche. Cette pêche se déroule généralement depuis la cote rocheuse, d’une jetée, d’une digue ou même du quai d’un ouvrage portuaire. Cette technique se différencie donc du surfcasting qui se pratique de la plage.

 

La pêche à la calée est une technique très intéressante pour cibler les plus grosses daurades royales

 

L’avantage de la pêche à la calée est de pouvoir être pratiquée par tous avec un matériel simple. Si vous pouvez utiliser un ensemble surfcasting, il est également possible d’employer un ensemble premier prix. En effet, il n’est pas nécessaire de jeter loin votre montage. Celui-ci gagnera même à être placé à courte distance car les daurades royales viennent s’alimenter directement sur les roches qui abritent une vie importante. De nombreuses espèces de vers, les bivalves (ex : moules), les crabes, les mollusques, les crevettes, les spirographes, les oursins, etc. constituent ainsi un véritable festin pour les daurades royales !

 

Réglementation :

 

Selon l’arrêté du 29 janvier 2013, la taille minimale de capture de la daurade royale est de 23 cm en Mer du nord, Manche, Atlantique et Méditerranée. De même, selon l’arrêté du 17 mai 2011, chaque prise devra « faire l’objet d’un marquage ». Ce marquage consiste en l’ablation de la partie inférieure de la nageoire caudale.

La daurade royale est surnommée la « belle aux sourcils d’or »

 

 

Grosse daurade royale ?

 

Une daurade de cette taille doit être âgée de 9 à 10 ans !

 

La daurade royale est hermaphrodite, - comme d’ailleurs beaucoup d’autres sparidés, Ainsi, elle est tout d’abord mâle puis devient femelle à trois ans (taille de 30 à 40 cm). Aussi étonnant que ca puisse paraître pour certains, c’est un poisson qui peut atteindre la taille de 70 cm pour un poid de plus de 10 kg et vivre jusqu’à plus de 11 ans. En sachant que ce poisson est capable d’approcher de tels poids, cela fait réfléchir sur le fait de conserver un poisson de quelques centaines de grammes !

 

Courbe de croissance de la daurade royale

 

Parler de « grosses daurades royales » est subjectif mais on peut estimer qu’un individu de plus du kilo est déjà une belle prise et qu’un sujet dépassant 1,5 à 2 kg est un beau spécimen. Et ce sont bien ces « poissons si grands » qui nous font tous rêver ! Mais il faut considérer qu’une daurade de ce poids a déjà entre 6 et 7 ans ! C’est considérable lorsqu’on considère qu’un tel spécimen a dû passer à travers tous les dangers de la vie sauvage ou tous ceux posés par les hommes. Ainsi, elle a dû éviter les filets des pêcheurs professionnels ou encore les lignes des pêcheurs de loisir. Un tel poisson a donc une grande expérience acquise à force d’éviter tous les pièges auxquelles il a été confronté. Et le leurrer sera donc difficile.

 

Le saviez-vous ?

 

Le record de France de la plus grosse daurade enregistré à ce jour est de 7,360 kg. Ce poisson a été pris en 12 lb par M. Jean-Philippe Serra en Bretagne le 13 octobre 2000.

Magnifique daurade royale !

 

 

Belles daurades royales : une pêche très fine !

 

Emmanuel Laubu avec une grosse daurade royale prise à la calée !

 

Une belle daurade royale est donc beaucoup plus méfiante qu’un sujet juvénile car c’est sa prudence lorsqu’elle s’alimente qui lui a permis d’atteindre un âge aussi avancé. Ce sparidé est très délicat lors de la prise en gueule de sa nourriture car ses lèvres épaisses sont très sensibles. Ainsi, avec les crabes ou les coquillages, la daurade a la particularité de croquer les parties dures puis de les recracher aussitôt afin de consommer les parties intéressantes une à une. La daurade royale a également tendance à recracher sa nourriture dès qu’elle ressent la moindre tension. Elle est aussi très méfiante et, avec son excellente vision, elle est capable de repérer le moindre piège tendu.

 

Montage coulissant avec anti-emmêleur

 

La pêche à la calée avec un montage coulissant est une technique parfaite pour tromper la méfiance proverbiale des plus beaux spécimens. En effet, l’avantage est ici de ne pas opposer de résistance lorsque le poisson s’empare de l’appât tout en vous permettant de pouvoir visualiser la touche. Pour les belles daurades royales très éduquées, il est important que celles-ci puissent se saisir de l’appât sans ressentir la moindre tension.

 

Anti-emmêleur Zebco

 

Un anti-emmêleur en plastique vous offrira un coulissement parfait de votre ligne. Grâce à l’agrafe, celui-ci vous permettra également de changer rapidement de plombée afin de vous adapter aux conditions rencontrées.

 

Perles dures Flashmer

Perles molles Flashmer

 

Il sera conseillé d’intercaler un ensemble de 2 perles dures et de 2 perles molles pour protéger efficacement le nœud de raccord avec le rolling des chocs répétés (ex : lancer). Vous éviterez ainsi de fragiliser cette partie – ce qui pourrait causer des casses intempestives en combat.

 

Astuce du cassant pour les milieux encombrés

 

Dans les milieux les plus encombrés, l’anti-emmêleur offre également l’avantage de pouvoir accueillir un cassant – contrairement à un montage simple avec olive percé. Ce brin de nylon de plus faible résistance que la ligne est prévu pour casser en cas d’accroche du plomb sur les roches. Ce cassant évite ainsi de perdre l’intégralité de votre montage, ce qui est un avantage considérable – surtout en combat avec un beau poisson. Il sera néanmoins surtout utilisé pour les pêches à courtes distances car il ne permet pas d’effectuer des lancers appuyés.

 

Fluorocarbone FXR Seaguar

Super Fluorocarbon Asso

 

Outre le fait que le montage soit coulissant, il ne faut pas hésiter à utiliser un très long traînard en fluorocarbone de 2 à 2,5 m – voire même 3 m si votre canne est assez longue. La daurade pourra alors se saisir de l’appât sans être immédiatement en contact avec la plombée. L’utilisation du fluorocarbone sera préconisée car son indice de réfraction proche de l’eau contribuera à la discrétion de votre montage.

 

Hameçon 3310 F Gamakatsu

 

L’hameçon rond de type « chinu » est certainement un des meilleurs pour la pêche de la daurade. Sa forme ronde avec une hampe courte, sa large ouverture et sa courbure bien arrondie le rendent parfaitement adapté à la gueule de ce sparidé. Privilégiez les forts de fer avec un excellent piquant qui s’avèrent excellents pour ce sparidé à la puissante mâchoire. Les modèles à palette seront conseillés pour l’eschage des vers fragiles ou des bibis. Veillez à bien utiliser une taille d’hameçon correspondant parfaitement à celle de votre appât. Un modèle trop gros alourdirait inutilement l’appât et éveillerait la méfiance d’une belle daurade royale.

 

 

Bien positionner sa canne

 

En pêche à la calée, un trépied est pratique pour pouvoir positionner sa canne comme on le souhaite

 

Votre canne devra être bien positionnée pour un coulissement maximal. Plus votre canne sera basse et plus vous éviterez d’avoir de l’angle dans votre ligne – ce dernier créant une friction et donc une tension lorsque le poisson s’empare de l’appât. Par temps calme et sans vent, il est même possible de placer les cannes presque à l’horizontale. En opposant moins de résistance, le coulissement du fil sera ainsi facilité.

 

Cannes placées très bas sur les piques afin d’opposer le moins de résistance possible

 

Afin que la daurade royale puisse prendre du fil sans ressentir de tension, laissez votre bannière détendue. Afin de mieux visualiser la touche, il sera possible d’utiliser un écureuil qui sera placé entre deux anneaux. Son poids devra être le plus léger possible en fonction des conditions rencontrées.

 

 

Les appâts

 

Disposer d’une bonne variété d’appâts permettra de savoir lequel correspond à l’humeur des belles daurades !

 

Les grosses daurades royales sont friandes de beaux vers. De véritables friandises pour ces poissons gourmands ! Un des vers qui a tendance à sélectionner les plus beaux spécimens est le Bibi.

 

Bibis Normandie Appâts

 

Avec sa peau très résistante, ce ver ne peut être attaqué par le menu fretin. Seul un beau sparidé doté d’une mâchoire puissante tel qu’une daurade royale pourra donc le manger. En présence de très nombreux petits poissons indésirables, ce ver permet donc de sélectionner les belles daurades royales. Des pêcheurs tels que Walter Sarret du team Normandie Appâts utilisent un demi bibi pour mieux tromper la méfiance proverbiale des belles daurades royales. En étant plus discret et en diffusant son jus très sapide, il est fréquent que cette petite bouchée fasse la différence sur les poissons les plus tatillons – et donc les plus gros.

 

Proposer deux appâts sur le même hameçon permet de marier leurs effluves attractifs et d’attirer les belles daurades

 

Pour cibler les grosses daurades royales, d’autres pêcheurs tels qu’Emmanuel Laubu n’hésitent pas à utiliser un panachage d’appâts sur le même hameçon. L’avantage sera ici de proposer un « menu » varié afin de se donner un maximum de chance de correspondre à ce que recherchent ces beaux sparidés à l’humeur changeante.

 

Ver de chalut Normandie Appâts

 

Il pourra s’agir d’une association entre un appât blanc (couteau, Bibi, etc.) et un ver très iodé (ex : Chalut) ; le panachage d’un ver au jus très sapide (ex : Rag) avec celui d’un ver bien sanglant (ex : Américain), etc. Le nombre d’associations possible est infini et n’a de limite que votre imagination.

 

 

Pêcher aux bons horaires

 

Belle daurade royale prise à la calée d’une digue rocheuse

 

Durant les beaux jours, ne négligez surtout pas le créneau situé entre 12 et 14 h lorsque le soleil est au plus haut. En effet, il est fréquent que les plus grosses daurades royales se nourrissent souvent à ce moment précis. Les plages étant envahies par les touristes, la pêche à la calée d’enrochements ou encore d’ouvrages portuaires (voir législation locale) dans ces créneaux horaires sera ainsi bien indiquée.

 

Le crépuscule peut permettre de toucher de grosses daurades royales

 

L’aube ou le crépuscule sont également des moments propices à se recherche. En Atlantique, il sera conseillé de privilégier la marée montante, de l’étale de la marée basse jusqu’à l’étale de la marée haute. Lorsque celle-ci est associée aux périodes les plus chaudes de la journée, les chances de piquer de belles daurades royales sont alors optimales.

 

La « belle aux sourcils d’or »

 

En Méditerranée, certains pêcheurs tels que Walter Sarret du team Normandie Appâts tiennent également compte des marées – même si celle-ci sont bien plus faibles. Ainsi, cet excellent pêcheur apprécie particulièrement les gros coefficients pour la pêche des belles daurades royales car il a constaté qu’elles étaient alors bien plus actives.